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Poursuite des violences en Syrie dans l'attente du rapport arabe

الشروق أونلاين
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Des violences ont à nouveau éclaté vendredi en Syrie en marge des prières hebdomadaires alors que la Ligue arabe attend le rapport de ses observateurs au lendemain de la fin de leur mission.

 

Pour le cinquième vendredi consécutif, les forces de sécurité ont empêché les prières à la mosquée Omari de Deraa, berceau de la révolte contre le régime de Bachar al Assad, ont rapporté des opposants.

Un important dispositif de sécurité a aussi été déployé autour des mosquées du port méditerranéen de Lattaquié et des fusillades ont éclaté dans plusieurs autres villes en rébellion, selon l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme.

Cet organisme basé à Londres affirme qu’un membre des forces de sécurité a été assassiné à Deraa, peut-être en raison de sa volonté de rejoindre les rangs de la contestation. Dans la province d’Idlib, dans le nord-ouest du pays, les forces du régime ont restitué les cadavres de six personnes disparues deux jours auparavant.

Ces affirmations sont impossibles à vérifier en raison des restrictions imposées aux médias par les autorités.

Le général soudanais Mohamed al Dabi, chef de la mission d’observation de la Ligue arabe, est attendu samedi au siège de l’organisation au Caire afin d’y présenter son rapport sur ce que les 165 membres de son équipe ont vu depuis leur déploiement en Syrie, le 26 décembre.

Les ministres arabes des Affaires étrangères se réuniront dimanche au Caire pour décider de la suite à donner à cette mission, qui n’a pas empêché la poursuite des violences. Pour ses détracteurs, la présence d’observateurs en nombre insuffisant en Syrie a seulement permis à Bachar al Assad de gagner du temps et de poursuivre sa répression, qui, selon les Nations unies, s’est soldée par plus de 5.000 morts depuis mars 2011.

Des centaines de morts ont été signalés depuis le 26 décembre alors que la contestation prend de plus en plus des allures d’insurrection armée.

SANCTIONS

Le régime impute ces troubles à des “terroristes” soutenus par l’étranger et avance un bilan d’environ 2.000 morts dans les rangs de ses forces de sécurité.

L’organisation Human Rights Watch (HRW) a invité la Ligue arabe à publier l’intégralité du rapport des observateurs et à exhorter le Conseil de sécurité de l’Onu à adopter des sanctions ciblées, dont un embargo sur les armes, pour mettre fin au bain de sang en Syrie.

“La Ligue arabe devrait rendre public le rapport de ses observateurs afin de répondre aux inquiétudes croissantes sur le fait que sa mission d’observation a été manipulée par les autorités syriennes”, a déclaré Sarah Leah Whitson, responsable de la région Moyen-Orient au sein de HRW. “Seule une évaluation transparente de la mission d’observation permettra de déterminer si les observateurs doivent rester dans le pays.”

Le Conseil de sécurité de l’Onu est resté silencieux jusqu’à présent. La Russie et la Chine ont opposé le 4 octobre leur veto à un projet de résolution défendu par les Etats-Unis et leurs alliés européens pour condamner la répression en Syrie.

Les pays occidentaux ont imposé leurs propres sanctions contre le secteur pétrolier syrien. Cité par l’agence officielle de presse Sana, le ministre syrien du Pétrole Soufiane Alao a estimé que ces mesures avaient coûté deux milliards de dollars (1,54 milliard d’euros) à son pays depuis septembre.

Les pays de l’Union européenne devraient s’entendre lundi sur un élargissement de leur liste des individus et des entités en Syrie visés par des sanctions.

La Ligue arabe a pour sa part suspendu la Syrie de ses instances et annoncé qu’elle prendrait des sanctions en raison du refus syrien de mettre en oeuvre le plan de paix conclu en novembre.

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