Présidentielle 2022: Le poids politique de la mémoire des pieds-noirs d’Algérie
Soixante ans après la signature des accords d’Evian du 18 mars 1962, les conséquences de la guerre d’Algérie sont toujours présentes dans le débat français, notamment parmi les rapatriés et leurs descendants.
A l’invitation du président de la République, plusieurs dizaines de représentants d’associations de rapatriés, quelques célébrités, parmi lesquelles Enrico Macias, le réalisateur Alexandre Arcady et l’actrice Françoise Fabian, et quelques maires, comme celui de Béziers (Hérault), Robert Ménard, se retrouvent dans la salle des fêtes du palais présidentiel.
C’est une première. Emmanuel Macron évoque la fusillade de la rue d’Isly, le 26 mars 1962 a Alger, lors de laquelle des dizaines de manifestants rassemblés a l’appel de l’OAS furent tués par l’armée française. « Soixante ans après, la France reconnaît cette tragédie. Ce massacre est impardonnable pour la République ».
Voilà soixante ans que les pieds noirs attendaient – souvent désespérément – d’entendre ça. La date choisie pour cet événement n’est pas neutre. A deux mois du soixantième anniversaire de la signature des accords d’Evian, le 18 mars 1962, vécus comme une trahison de la France par les milieux pieds-noirs, et moins de trois mois avant le premier tour de l’élection présidentielle, cette initiative vise à amadouer cette population traumatisée.