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Claques et coups de matraques en garde à vue

Prison avec sursis requise contre deux policiers

Echoroukonline
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Le parquet a requis des peines de plusieurs mois de prison avec sursis contre les deux policiers jugés pour avoir frappé un quadragénaire de nationalité péruvienne lors d’une garde à vue en juillet dernier au commissariat des 5e et 6e arrondissements de Paris.

Trente et vingt-quatre mois d’emprisonnement avec sursis ont été requis respectivement contre Maxime D. et Matthieu D., deux policiers parisiens soupçonnés d’avoir frappé un homme lors d’une garde à vue en juillet. Le ministère public a également demandé une interdiction définitive d’exercer dans la police nationale pour les deux prévenus, âgés de 25 et 32 ans.

Déjà suspendus de leurs fonctions par leur contrôle judiciaire, ils comparaissaient libres devant le tribunal correctionnel de Paris pour “violence aggravée par deux circonstances suivie d’incapacité supérieure à huit jours”.

Une arrestation à la veille des JO

Dans la nuit du 24 au 25 juillet, Mario (prénom modifié) est arrêté pour outrage envers des gendarmes, venus en renfort dans la capitale à la veille des Jeux olympiques. L’homme de 42 ans, de nationalité péruvienne, est placé en garde à vue au commissariat des Ve et VIe arrondissements de Paris. Alcoolisé, il refuse de retirer son collier.

Sur les images de vidéosurveillance projetées à l’audience, on voit alors Maxime D. lui faire une clé de bras. Puis “il m’a insulté, je lui ai mis une claque”, reconnaît le policier devant le tribunal.

Ils entrent ensuite dans la salle de fouille qui ne dispose pas de caméras. C’est là que Mario accuse le policier de l’avoir frappé à au moins six reprises avec sa matraque. Il en ressort avec une fracture de l’avant-bras.

À l’audience, Maxime D. reconnaît les coups, esquisse maladroitement une explication à cette escalade de violence: le gardé à vue “a tenté de me mettre un coup de boule”, dit-il pour justifier les coups de matraque.

La victime nie toute violence

Mais Mario nie toute violence envers le policier. Il était absent à l’audience, “fragilisé psychologiquement” par l’affaire, selon son avocate Juliette Chapelle. “S’il était là, je m’excuserais”, assure le prévenu.

Sur les murs de sa cellule, Mario a écrit “à l’aide” avec son sang. “Le cri du désespoir d’un homme qui pensait mourir”, estime son avocate.

“La fatigue et l’énervement” à la veille de la cérémonie d’ouverture des JO, invoqués par le policier, peinent à convaincre le procureur qui juge l’affaire “particulièrement sidérante”.

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