Profanation de tombes: renforts de la police israélienne à Jaffa
La police israélienne a déployé dimanche matin des renforts à Jaffa au sud de Tel Aviv autour des sites musulmans et chrétiens à la suite de profanations de tombes découvertes la veille, a indiqué une porte-parole de la police.
Ces renforts ont été déployés autour de sites religieux musulmans et chrétiens considérés comme sensibles, a affirmé la porte-parole Luba Smari. Les policiers ont reçu ordre de faire échec à toute provocation, a-t-elle ajouté en soulignant que les responsables de la police avaient pris contact avec les notables musulmans et chrétiens de Jaffa. Des inconnus ont profané des tombes dans deux cimetières de Jaffa, l’un musulman, l’autre chrétien, et ont écrit Mort aux Arabes et Prix à payer, sur les murs de 22 tombes musulmanes et de quatre tombes chrétiennes. Des colons extrémistes pratiquent une politique dite du prix à payer, qui consiste à se venger sur des cibles palestiniennes, mais aussi récemment sur l’armée israélienne ou des militants israéliens hostiles à la colonisation à chaque fois que les autorités prennent des mesures qu’ils jugent hostiles à la colonisation. Nous ne tolérerons aucun vandalisme notamment celui qui vise des sensibilités religieuses. Nous agirons avec la plus grande fermeté, contre les responsables de ces profanations, a assuré dimanche le Premier ministre Benjamin Netanyahu, cité par la radio publique. Selon la porte-parole de la police, ces actes de vandalisme se sont produits il y a une semaine ou deux. Ils n’ont été découverts qu’en fin de semaine car il y a peu de visiteurs dans ces vieux cimetières, a-t-elle ajouté. Apparemment en représailles, une bouteille incendiaire a été lancée samedi soir contre une synagogue de Jaffa, sans faire de dégâts. Selon Mme Smari, les renforts ont été déployés à Jaffa après une directive donnée il y a une semaine par le chef de la police Yonanan Danino, pour assurer la protection de sites religieux en particuliers musulmans sur l’ensemble du territoire israélien. Un dispositif mis en place après l’incendie dans la nuit de dimanche à lundi d’une mosquée de la localité bédouine de Touba Zangaria dans le nord d’Israël. La police israélienne a annoncé jeudi l’arrestation d’un suspect. Selon les médias, il s’agirait d’un étudiant d’une Yéchiva (séminaire talmudique) de la colonie d’Yitzar dans le nord de la Cisjordanie, sous le coup d’une interdiction de séjour en Cisjordanie ordonnée par Israël. Mais Ron Huldai, maire de Tel Aviv-Jaffa, a dénoncé à la radio militaire l’impuissance des autorités. Le phénomène du +prix à payer+ dure depuis des années. La police et le Shin Beth n’ont arrêté pratiquement personne, a-t-il déploré, ajoutant: En tant que juif et habitant de ce pays j’ai honte. La porte-parole a, elle, rejeté les critiques émises par certains médias sur l’impunité dont bénéficieraient les auteurs d’exactions anti-arabes. Nous avons arrêté plusieurs suspects ces derniers mois, a-t-elle assuré, évoquant la création récente d’une unité spéciale de la police pour lutter contre les extrémistes de droite auteurs d’agressions hostiles aux Palestiniens en Cisjordanie. Un éditorialiste du quotidien Maariv a dénoncé un jihad juif, appelant les autorités à ne plus financer les institutions religieuses exprimant des positions anti-arabes.