Quand Mélenchon riposte à Hollande qui lui demande de “se taire”!
Alors que tout les oppose, Hollande et Mélenchon siègent désormais au sein d’une même coalition. Les socialistes font face au procès en hollandisme que leur intentent les Insoumis pour justifier le blocage des discussions.
À la lecture du tweet, François Hollande a été à la fois surpris et amusé. L’ancien président français a fait l’objet d’une attaque frontale de Sophia Chikirou, très proche de Jean-Luc Mélenchon. La députée parisienne a publié ce commentaire lundi sur X, alors même que les discussions au sein du Nouveau Front populaire sont au point mort: « Le hollandisme, c’est comme les punaises de lit: tu as employé les grands moyens pour t’en débarrasser, tu y as cru quelque temps et tu as repris une vie saine (à gauche) mais en quelques semaines, ça gratte à nouveau et ça sort de partout… Il va falloir recommencer! » Mercredi soir au Sénat, face aux parlementaires socialistes, François Hollande a répondu par la dérision: « Je connais bien Sophia Chikirou. Je l’ai exclue du PS en 2007 parce qu’elle avait appelé à voter pour Nicolas Sarkozy. » Invité vendredi soir sur BFMTV, Jean-Luc Mélenchon a évoqué une « plaisanterie » de la députée insoumise. Mais il ne rigolait plus lorsqu’il est revenu la seconde suivante sur des propos de François Hollande, qui lui avait demandé fin juin de « se taire » pour « rendre service au Nouveau Front populaire »: « C’est la première fois dans la vie politique qu’un homme de gauche est interpellé par quelqu’un d’autre qui se dit de gauche et qui lui demande de se taire, c’est la première fois ! », a rapporté La Tribune.
« Tu aurais dû m’avertir avant »
Le plus paradoxal dans cette histoire, c’est que les actuels dirigeants du PS ont en réalité tout mis en œuvre pour tourner définitivement la page Hollande. Le premier secrétaire du parti, Olivier Faure, entretient des relations très fraîches avec l’ancien président. Lorsque ce dernier a décidé d’être candidat en Corrèze, il ne l’a même pas prévenu. Le chef du parti lui a glissé son amertume par texto: « Tu aurais dû m’avertir avant. »
Quand Jean-Luc Mélenchon a appris que François Hollande se portait candidat en Corrèze, il a eu une réaction, dans Le Figaro, presque courtoise au regard de la détestation entre les deux hommes: « Ce sera drôle s’il est élu. D’abord, parce qu’il a de l’humour. Ensuite, car il a des comptes à régler. Ce sera intéressant de le voir faire. Mais, bien sûr, il n’aura aucun rôle officiel. » En 2011, celui qui était alors candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle qualifiait son rival socialiste de « capitaine de pédalo » dans la tempête. En privé, François Hollande parle aujourd’hui de Jean-Luc Mélenchon comme d’un « instituteur ».
C’est peu dire que ni l’un ni l’autre n’aurait imaginé se retrouver un jour de 2024 au sein d’une même coalition. Lorsqu’ils étaient tous deux au PS, où ils s’étaient affrontés en duel pour le poste de premier secrétaire, ils ne se supportaient pas. François Hollande prenait un malin plaisir à ne pas donner la parole à Jean-Luc Mélenchon quand ce dernier la demandait en claquant des doigts. Ou encore à lire ostensiblement les liasses de dépêches AFP lorsque le leader de la gauche socialiste intervenait, avant de l’interrompre par des « ça va, maintenant, il faut conclure ».