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Quelle chance reste-t-il pour la Constitution consensuelle ?

الشروق أونلاين
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Y a-t-il possibilité de parvenir à une Constitution consensuelle à l’ombre des données actuelles et à l’issue des consultations menées par le directeur du cabinet de la Présidence, Ahmed Ouyahia en l’absence de l’«opposition» ? C’est la question qui préoccupe désormais l’opinion publique à moins de six mois de l’adoption d’une nouvelle Constitution, comme l’a promis le premier magistrat du pays.

A l’issue de sa prestation de serment au lendemain de la présidentielle du 17 avril dernier, le président Bouteflika a annoncé que « c’est avec la volonté résolue… », qu’il lancera « le chantier des réformes qui aboutira à une révision constitutionnelle consensuelle ». Pour ce faire, le président a chargé le directeur de son cabinet de mener ces consultations auxquelles ont pris part des partis politiques, personnalités nationales pro-pouvoir tandis que l’opposition a décliné l’invitation de l’ancien chef de gouvernement, à l’image du « Pôle de changement », « la Coordination pour les libertés et la transition démocratique », Mouloud Hamrouche, Ali Benflis et Ali Yahia Abdenour, etc.

Pour répondre à cette question, Abdelaziz Rahabi, ancien ministre de la Communication a estimé que la « Constitution consensuelle » relève désormais du passé en raison de la déclinaison de l’invitation de Ouyahia par d’éminents partis de l’opposition et de personnalités nationales. « Je ne pense pas que l’on arrive à une constitution consensuelle car elle ne devrait pas se concevoir de manière horizontale, mais plutôt un résultat d’un consensus national », a-t-il jugé en faisant allusion à la prédominance du point de vue du pouvoir sur l’élaboration de la loi fondamentale du pays en l’absence de propositions de l’opposition.

Dans une déclaration à Echorouk, l’ancien ambassadeur de l’Algérie en Espagne a jugé que « la Constitution consensuelle » est ratée d’autant plus qu’«il  y a un sentiment chez la classe politique que le président Bouteflika ne cherche à travers ce projet de révision constitutionnelle pour gagner du temps après avoir constaté chez les Algériens une grande volonté de changement et transparence dans la conduite des affaires du pays ».

Selon toujours notre interlocuteur, Bouteflika a estimé sans enjeu l’« atelier politique » que le président ait voulu créer à travers les consultations sur la révision constitutionnelle qui sont loin de préoccuper l’opinion publique tel que l’aurait souhaité le Président.

Pour Dr Salim Kellala, la réalisation d’une Constitution consensuelle est tributaire d’une volonté politique tant chez le pouvoir que chez l’opposition. « Il y a des chances, mais est-ce qu’il y a de la volonté ? », s’interroge-t-il.  

« Il faut qu’il y ait une volonté politique car il faut d’entente dans ce genre de questions », insiste l’universitaire en ajoutant que « si nécessité il y a, il faudra poursuivre les consultations quitte à attendre si longtemps. Nous ne devons pas nous tenir à des agendas parce que la question concerne l’intérêt suprême de l’Etat ».

En revanche, Salim Kellala a appelé l’opposition à assumer ses responsabilités dans la réussite du projet d’une constitution consensuelle: « Le fardeau ne pèse pas uniquement sur le pouvoir car l’entente concerne tous les Algériens avant même le pouvoir. De ce fait, il échoit à la Coordination pour la transition démocratique et au Pôle de changement de proposer des alternatives et ne pas se contenter de critiquer ».  

En cas d’échec, la responsabilité de l’Etat ne sera pas au même titre que l’opposition qui pourrait prétexter avoir remis en 2011 à Abdelkader Bensalah des propositions qui n’ont pas été prises en considération.      

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