Français

Réconciliation palestinienne: Abbas dirigera le gouvernement de transition

الشروق أونلاين
  • 658
  • 0

Les mouvements palestiniens rivaux Fatah et Hamas se sont entendus lundi pour confier au président Mahmoud Abbas la direction d’un gouvernement transitoire d’indépendants chargé d’organiser des élections, levant un important obstacle à l’application de leur accord de réconciliation.

 

Cet accord est intervenu au terme de réunions entre M. Abbas, président de  l’Autorité palestinienne et chef de l’Organisation de libération de la  Palestine (OLP) et du Fatah, et Khaled Mechaal, chef du Hamas islamiste, au  Qatar, impliqué dans la réconciliation interpalestinienne. « La déclaration de Doha » prévoit « la formation d’un gouvernement d’entente  nationale dirigé par le président Mahmoud Abbas et formé de technocrates  indépendants pour faciliter la tenue d’élections présidentielle et législatives  et entamer la reconstruction de la bande de Gaza ».  Le texte a été signé par MM. Abbas et Mechaal en présence de l’émir du  Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, lors d’une cérémonie retransmise en  direct. La formation du gouvernement provisoire sera annoncée lors d’une réunion de  l’OLP le 18 février au Caire, a indiqué à l’AFP Azzam al-Ahmad, responsable du  dossier de la réconciliation au sein du Fatah.  La « déclaration de Doha » ne précise pas de date pour la tenue des  élections, initialement prévues le 4 mai 2012, en vertu de l’accord de  réconciliation conclu au Caire par le Fatah et le Hamas le 27 avril 2011,  paraphé le 3 mai suivant par l’ensemble des mouvements palestiniens. M. Ahmad a indiqué que la date de ces premières élections depuis la  victoire du Hamas aux législatives de 2006 serait fixée ultérieurement,  confirmant leur probable report. « La date officielle des élections sera fixée sur recommandation de la Commission électorale puis promulgation d’un décret du président », a-t-il  expliqué.

Le Premier ministre de l’Autorité Salam Fayyad a salué « la déclaration de  Doha et exprimé l’espoir d’une application rapide de ses clauses ». De son côté, le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, en  tournée dans la région, a « confirmé que son gouvernement était prêt à appliquer  l’accord ». La réconciliation piétinait depuis des mois, en raison notamment d’un  désaccord sur le choix du chef du gouvernement, pour lequel M. Abbas soutenait  M. Fayyad, très apprécié par la communauté internationale mais récusé par le  Hamas. Les deux parties sont également convenues de « poursuivre le processus de  restructuration de l’OLP », représentant des Palestiniens sur la scène  internationale, afin d’y intégrer le Hamas et le Jihad islamique. Dans ce contexte, et en même temps que les élections présidentielle et  législatives dans les territoires palestiniens, le Conseil national palestinien  (CNP, Parlement de l’OLP) devra être restructuré, selon le texte. Cette  instance, dont la dernière réunion remonte à 1998, devrait désormais inclure  notamment des représentants du Hamas.  « Nous avons signé cet accord pour qu’il soit appliqué, qu’il s’agisse des  élections, du gouvernement ou de la réconciliation », a assuré M. Abbas. « Nous sommes extrêmement sérieux », a insisté M. Mechaal, ajoutant que  l’accord allait permettre aux Palestiniens « de se consacrer de toutes (leurs)  forces à affronter l’ennemi ».

Sur le dossier des détenus des deux camps, le président Abbas a annoncé « la  libération de 64 prisonniers » du Hamas.  « Nos frères palestiniens n’ont pas d’autre choix que d’aller plus avant  dans la réalisation de leur unité nationale », a souligné l’émir du Qatar, les  assurant du soutien des pays arabes.  Pour sa part, un haut responsable israélien a estimé que « cet accord sur le  cumul des mandats de Mahmoud Abbas traduit sa complaisance vis-à-vis du Hamas,  ce qui augure mal de l’avenir ».  « L’éviction de Salam Fayyad ne va pas faciliter les relations entre  l’Autorité palestinienne et les pays donateurs », a ajouté ce responsable qui a  requis l’anonymat.

 

 

مقالات ذات صلة