Rencontre ordinaire de l’Opep à vienne : L’Opep n’augmentera pas sa production
Les ministres de l'Energie et du Pétrole de l'Organisation des pays exportateurs de Pétrole (Opep) ont entamé leur réunion ordinaire de mars pour examiner une éventuelle modification de leur production de brut dans un contexte d'envolée des prix, a constaté l'AFP.
La réunion a lieu alors que le prix du baril de brut a frôlé les 104 dollars lundi dernier à New York. Le cartel devrait s’en tenir à un maintien du niveau actuel de sa production, selon les déclarations faites par plusieurs ministres. En marge de l’ouverture de cette rencontre le ministre de l’énergie et des mines président de l’Opep, l’Algérien Chakib Khelil, souligne : « L’économie mondiale entre dans une période de croissance plus lente, ce qui entraîne beaucoup d’incertitudes dans le monde du pétrole, d’autant que beaucoup d’institutions ont commencé à réviser à la baisse leurs prévisions de demande pétrolière ». Dès son arrivée au siège de l’organisation il assure : « le marché est bien approvisionné ».
Selon le ministre, la principale raison de l’envolée des prix est « la spéculation » sur le marché du brut. Pour sa part, le ministre saoudien du Pétrole Ali al-Nouaïmi, chef de file de l’Opep, jugé, qu’il n’était pas nécessaire d’augmenter la production du cartel, malgré des appels des Etats-Unis. « Pourquoi devrions-nous prendre une nouvelle mesure alors que l’état du marché est sain », a t’il déclaré au quotidien arabe Al-Hayat. Interrogé sur la probabilité d’un consensus au sein du cartel sur le maintien des quotas de production, estimé actuellement à 29,67 millions de barils par jour le représentant libyen de la compagnie nationale de pétrole, qui a rang de ministre de l’Energie, Choukri Ghanem a répondu: « il y a un consensus à ce sujet au sein du cartel », ajoutant : « il n’y a rien besoin de faire maintenant ».
En session plénière les ministres des 13 pays membres du cartel devaient examiner les niveaux de production. Les 12 Etat membres soumis aux quotas produisent actuellement 29,67 millions de barils par jour (mbj) et 32 millions en incluant l’Irak, non soumis à un quota.
L’Opep va donc vraisemblablement ignorer les appels des pays consommateurs en faveur d’une hausse de production. Par ailleurs, le président américain George W. Bush, inquiet des répercussions économiques en raison d’un baril à quelque 100 dollars, a estimé mardi que l’Opep ferait “une erreur” en n’augmentant pas l’offre de brut. La veille, le président de l’Euro groupe, Jean-Claude Juncker, avait également appelé le cartel à agir pour calmer les prix.
Mais les ministres de l’Opep répondent que le marché pétrolier est suffisamment approvisionné et que les prix élevés sont dus à la faiblesse du dollar contre laquelle les investisseurs se couvrent en achetant massivement des contrats à terme pétroliers, ainsi qu’aux troubles géopolitiques et aux insuffisances des capacités de raffinage dans le monde.
En outre, les stocks pétroliers sont en hausse depuis sept semaines aux
Etats-Unis, un argument supplémentaire pour ne pas pomper plus, d’autant que le cartel craint une baisse de la consommation avec la fin de l’hiver et le
ralentissement économique américain.
Certains pays, le Venezuela et l’Iran mais aussi l’Algérie, sont même en
faveur d’une baisse de production pour empêcher les prix de chuter si la baisse
de la demande devait s’accélérer. Mais, avec un baril à quelque 1OO dollars, une telle décision est politiquement difficile, comme l’a admis Chakib Khelil.
Certains pays membres de l’Opep ont aussi peu intérêt à sacrifier des barils, alors que les prix record dopent leurs revenus. Les ministres de l’Opep semblent donc partis pour se réunir à nouveau rapidement, selon les ministres koweïtien, équatorien et libyen. Ce dernier a même évoqué la possibilité de deux réunions extraordinaires avant la réunion ordinaire programmée en septembre.