Report de la rencontre entre Abbas et le n°2 du gouvernement israélien
Une entrevue prévue dimanche entre le président palestinien Mahmoud Abbas et le vice-Premier ministre israélien Shaul Mofaz a été reportée sine die, a-t-on appris vendredi soir auprès d’un haut responsable palestinien à Ramallah (Cisjordanie).
“La rencontre entre le président Abbas et Shaul Mofaz est reportée à une date ultérieure”, a déclaré à l’AFP ce responsable sous couvert de l’anonymat, sans spécifier de nouvelle date.
Ce report survient après le vote de l’Unesco en faveur de l’inscription de la basilique de la Nativité de Bethléem (Cisjordanie) au Patrimoine mondial à la demande des Palestiniens, une décision vivement critiquée par Israël qui a dénoncé “des mobiles politiques et une démarche unilatérale”.
La rencontre de haut niveau de dimanche, annoncée mercredi de source officielle palestinienne, devait contribuer à renouer le dialogue entre les deux parties.
Mais elle avait été vivement critiquée sur les forums internet et les réseaux sociaux palestiniens.
Des jeunes militants palestiniens réclamaient l’arrestation de M. Mofaz, l’accusant de “crimes” contre la population palestinienne.
“Mofaz est responsable de crimes contre notre peuple à Gaza et en Cisjordanie”, avait déclaré à l’AFP Ali Obeidat, coordinateur d’un groupe intitulé “Les jeunes qui aiment leur pays”, en référence à la carrière militaire de celui-ci, un ancien général, chef d’état-major, puis ministre de la Défense pendant la deuxième Intifada palestinienne (2000-2005).
Un autre groupe indépendant, “Les Palestiniens pour la Dignité”, s’est félicité de l’annulation de la rencontre et a maintenu son appel à manifester samedi soir dans le centre de Ramallah jusqu’au complexe présidentiel de la Mouqata’a pour célébrer cette “victoire”.
Le président palestinien a affirmé être prêt à rencontrer le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour un “dialogue sans négociation” en cas de libération des Palestiniens emprisonnés par Israël avant les accords de paix d’Oslo de 1993.
Pour reprendre les pourparlers de paix, bloqués depuis septembre 2010, les dirigeants palestiniens exigent l’arrêt de la colonisation israélienne et la reconnaissance des frontières de juin 1967 comme base de discussions. Israël rejette ces revendications et dit vouloir des négociations “sans condition préalable”.