Rice appelle à une plus grande coopération entre les nations du Maghreb
La Secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice se trouvait au Maghreb la semaine dernière, entamant une visite historique par la Libye, passant par la Tunisie et l'Algérie avant de se conclure au Maroc, dimanche 7 septembre. Ses entretiens ont porté sur les relations bilatérales, les réformes démocratiques et la lutte contre le terrorisme dans la région.
Maroc
Mme Rice a donné une conférence de presse à Rabat, dimanche matin, après un entretien avec son homologue marocain Tayeb Fassi Fihri. Elle a indiqué qu’ils avaient passé en revue un certain nombre de sujets, parmi lesquels la lutte contre le terrorisme et le Sahara, ajoutant que les relations entre les Etats-Unis et le Maroc étaient meilleures que jamais.
“Nous avons eu l’occasion de parler des réformes, de l’avancement des réformes économiques, des réformes démocratiques, et de rechercher les moyens pour nous d’aider les pays de cette importante région à parvenir à une approche plus unifiée face aux défis qui les attendent”, a déclaré Mme Rice aux journalistes.
La responsable américaine a demandé au Maroc et à l’Algérie de surmonter leurs différends pour atteindre leurs objectifs communs et lutter contre la propagation du terrorisme dans la région.
“Il est manifeste qu’il existe des problèmes liés au terrorisme et un besoin de coopération antiterroriste entre les pays partenaires de cette région, entre les Etats, et avec les Etats-Unis”, a souligné Mme Rice.
A propos de la question du Sahara, elle a indiqué qu’elle avait examiné le sujet avec le Secrétaire Général des Nations Unies Ban ki-Moon avant de partir pour le Maghreb et que les Etats-Unis étaient favorables à un nouveau cycle de négociations en vue de résoudre ce conflit.
“De bonnes idées sont sur la table, et il y a moyen d’avancer. Nous n’avons pas à tout reprendre depuis le début”, a-t-elle précisé.
Mme Rice a indiqué qu’elle envisageait de rencontrer ses homologues du Maghreb à New York, en marge de la prochaine assemblée générale des Nations Unies.
Algérie
C’est dans une ambiance de sécurité très renforcée au vu des menaces proférées par l’Organisation al-Qaida au Maghreb Islamique que les entretiens de Mme Rice en Algérie, samedi, ont porté sur la lutte contre le terrorisme, les relations économiques et la paix au Moyen-Orient.
Prévue au départ pour durer quatre heures, la rencontre avec M. Bouteflika a été prolongée, à l’invitation du Président de partager le repas de l’iftar avec lui.
Mme Rice a ainsi résumé ses entretiens : “Les Etats-Unis et l’Algérie sont liés par des liens forts d’amitié… Notre rencontre s’est déroulée dans une ambiance amicale.”
Debout à côté du Président algérien lors de la conférence de presse, Mme Rice a déclaré aux journalistes : “Nous avons parlé de notre intérêt manifeste à lutter contre le terrorisme et de la coopération dans la lutte antiterroriste. Et j’ai indiqué au Président que j’avais été très attristée par la mort d’innocents algériens lors des récents attentats terroristes.”
La Secrétaire d’Etat a également ajouté : “Je suis, par formation, une universitaire, et je suis très intéressée par le fait de voir plus d’étudiants algériens venir aux Etats-Unis. C’est, de surcroît, un élément important de notre relation, qui doit évoluer.”
La couverture de la visite de Mme Rice par les médias algériens a été importante. Plusieurs journaux ont indiqué que la longueur de la visite de la Secrétaire d’Etat était le signe de la reconnaissance du poids de l’Algérie dans la région. Un éditorial de La Tribune a qualifié la relation entre Alger et Washington d'”axe stratégique” et a jugé cette visite comme un “renforcement des liens bilatéraux dans les domaines de la sécurité et de la coopération économique”.
Selon cet éditorial, il ne devrait pas y avoir de changement majeur dans les relations entre les deux pays après les élections présidentielles aux Etats-Unis en novembre et en Algérie en 2009, quel que soit le résultat des scrutins.
Tunisie
Samedi matin, Mme Rice a conclu sa visite en Tunisie, la première de ce genre de la part d’un Secrétaire d’Etat américain depuis la visite de Colin Powell en 2003.
Dans une déclaration à la presse, Mme Rice a indiqué que ses discussions amicales avec les responsables tunisiens avaient porté sur des questions à la fois intérieures et internationales, allant de l’accès aux médias pour les partis de l’opposition aux progrès réalisés dans les domaine de la lutte antiterroriste et des femmes.
“Nous avons eu de très bonnes discussions”, a déclaré Mme Rice après une rencontre de près de deux heures. “Nous avons parlé de questions intérieures en Tunisie et du cours des réformes”, a-t-elle précisé aux journalistes à Tunis.
Elle a rencontré le Président Ben Ali lors de son séjour et s’est félicitée des progrès sociaux et des avancées pour les femmes en Tunisie.
“Je tiens à dire que le rôle extraordinaire des femmes en Tunisie est une chose dont j’ai parlée” avec M. Ben Ali, a déclaré Mme Rice. “Les femmes ont réalisé de grandes avancées dans ce pays.”
A l’adresse des journalistes, la Secrétaire d’Etat a déclaré : “Nous avons dit très clairement que nous espérions que la Tunisie fera plus encore, en particulier à l’approche des élections de 2009, que l’accès aux médias, la liberté de l’internet et l’accès aux chaînes de télévision pour l’opposition seront renforcés.”
“Si le jour de l’élection est important, c’est également la période pré-électorale qui garantit des élections libres et transparentes”, a-t-elle ajouté.
Libye
Vendredi, la Secrétaire d’Etat a eu une rencontre historique avec son homologue libyen Abdel-Rahman Shalgam et avec le dirigeant libyen Moammar Kadhafi à Tripoli. Les discussions ont porté sur la reconstruction des liens entre les deux pays, la coopération antiterroriste et les investissements américains en Libye.
“Nous avons eu une discussion très large, au moment où les Etats-Unis et la Libye affirment leur volonté d’avancer de manière positive, vers une relation positive”, a déclaré Mme Rice aux journalistes à l’issue de ses entretiens.