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Seif Al-Islam Kadhafi agressé physiquement en détention

الشروق أونلاين
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Seif Al-Islam Kadhafi, le fils du défunt leader libyen Mouammar Kadhafi, est très maltraité et agressé physiquement en détention à Zenten par les rebelles. Outre les agressions physiques qu’il subit au quotidien, Seif Al-Islam fait constamment objet de chantage de la part de ses geôliers qui veulent obtenir de lui des faveurs financières.

C’est ce qu’a indiqué à Echorouk une source libyenne bien informée. La même source qui a pu entrer dans le lieu où est détenu le fils de Mouaamar Kadhafi affirme que le rebelle divergent sur son sort. Alors que certains d’entre eux veulent le tuer, d’autre par ailleurs veulent le garder vivant pour obtenir de lui des faveurs financières. Pour atteindre leur but, les rebelles exercent sur lui une énorme pression pour qu’il leur fournisse des informations sur d’éventuelles « trésors » et « richesses » qu’il garderait dans des lieux sûres. Notre source, estime que Seif Al-Islam aurait donné sous la pression des informations sur une importante sommes d’argent qu’il aurait caché à l’hôtel Rixos à Tripoli, la capitale libyenne. Suite à cette information, une katibat des rebelles s’est rendue à cet hôtel espérant retrouver le « trésor » dont a parlé le fils de Mouaamar Kadhafi.

« Seif Al-Islam Kadhafi a été agressé physiquement », a déclaré à l’AFP pour sa part Xavier-Jean Keïta, conseil principal au « Bureau du conseil public pour la Défense » (OPCD) de la CPI, chargé notamment de garantir les droits de la défense : « il souffre en outre d’importants maux de dents dus à l’absence de soins dentaires ». « Il a été totalement mis en isolement, et n’a pu recevoir que des visites d’officiels libyens et des autorités libyennes (chargées des) poursuites », a ajouté la même source il y a quelques jours.

L’OPCD, chargé par la CPI d’assister Seif Al-Islam, n’a pu le rencontrer qu’une seule fois. L’OPCD a d’ailleurs demandé aux juges de la CPI d’ordonner au Greffe de prendre les dispositions nécessaires, avec les autorités libyennes, pour qu’une seconde rencontre soit organisée. La Cour avait demandé mercredi à la Libye, pour la deuxième fois, de lui remettre immédiatement Seif Al-Islam. Les juges de la Cour avaient précédemment rejeté une première requête de la Libye demandant le report du transfert de Seif Al-Islam afin qu’il puisse être jugé à Tripoli.

La CPI avait lancé le 27 juin un mandat d’arrêt contre Seif Al-Islam, 39 ans, arrêté le 19 novembre dans le sud de la Libye. Détenu depuis à Zenten, il est soupçonné de crimes contre l’humanité commis depuis le 15 février lors de la répression de la révolte populaire, qui s’est transformée en guerre civile. Seif Al-Islam n’a en outre pas eu « l’opportunité de choisir librement ou de communiquer avec un avocat de son choix », a soutenu M. Keïta.

« Seif Al-Islam Kadhafi est détenu par les autorités libyennes depuis 139 jours, sans d’une part avoir été présenté devant un juge, sans avoir eu la possibilité et les moyens de communiquer avec sa famille et ses amis, ni de recevoir leur visite », a affirmé la même source. L’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) avait appelé mercredi les autorités libyennes à garantir à Seif Al-Islam un « accès immédiat » à un avocat, notant que sa détention se déroulait dans de « bonnes conditions ».

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