Sellal aux Libyens: «Votre armée est incapable de faire face aux extrémistes»
Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a dit à l’ex-Premier ministre libyen, Mahmoud Jibril que l’armée libyenne était incapable de faire face à ce qu’il appelle les «extrémistes» et l’a conseillé de s’inspirer de l’expérience algérienne, en faisant allusion au processus de Réconciliation nationale.
Dans un entretien accordé au site d’information libyen «Bouabat al-Wassat», Mahmoud Jibril a indiqué avoir reçu une invitation de la part des autorités algériennes pour prendre part au dialogue qui réunira les parties en conflit en Libye. « Effectivement, j’ai reçu une invitation pour participer au dialogue. Mais, je dois dire que je n’ai rencontré ni Ali Salabi, ni Abdelhakim Belhadj ni quelqu’un d’autre », affirme-t-il. Ali Salabi a de son côté déclaré avoir visité l’Algérie pour la même occasion.
Par ailleurs, Jibril a fait savoir que lors de sa visite en Algérie, sans autant en préciser la date, il a rencontré trois hauts responsables algériens, en l’occurrence le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra et le ministre délégué en charge des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel.
« J’ai eu un entretien avec le Premier ministre algérien qui a parlé de l’expérience de l’Algérie, alors ministre de l’Intérieur, dans la guerre qu’a menée leur armée forte durant dix ans contre les extrémistes, jusqu’à ce que Bouteflika ait proclamé la Concorde civile. Malgré cela, il a ajouté que la situation n’est maîtrisée qu’à 90%, mais vous les Libyens avec votre impuissante armée ou ce qui en reste de votre armée, vous ne pourrez pas faire face à ce nombre important d’extrémistes armés. Je vous invite de vous inspirer de l’expérience algérienne et vous n’aviez d’autre issue que le dialogue et nous vous promettons de réunir toutes les parties et de lancer une initiative pour satisfaire les revendications de chacune d’elles », a-t-il fait savoir.
«Lorsque je me suis rendu en Algérie en tant que représentant de l’Alliance des forces nationales (AFN), je leur ai posé trois conditions pour participer au dialogue… voire trois critères: accepter un Etat civil et démocratique, l’alternance pacifique du pouvoir et ne pas recourir à la violence et condamner le terrorisme», ajoute-t-il.