Selon une étude de l'institut français Immar : Echorouk…le journal le plus influent en Algérie
Le journal Echorouk Al Yaoumi domine le champ de la presse écrite en Algérie avec un taux de pénétration estimé à 37.7 %. C’est ce qu’a affirmé la société IMMAR Research & Consultancy Paris. Ce chiffre démontre une immense domination, lorsqu’on sait qu’il existe plus de 78 journaux arabophone et francophone en Algérie.
- En plus de la domination d’Echorouk Al Yaoumi, l’étude a révélé que les journaux francophones ont fait un pas en arrière et sont classés au deuxième rang où ils sont devenus très limités dans des régions bien précises sur le territoire nationale.
- L’étude parue à la mi-mars 2010 a été menée sur un échantillon de 2,500 ménages algériens, représentant 86% des Algériens âgés de 15 ans et plus, de sexes féminin et masculin au niveau de 11 wilayas.
- Les cibles ont été directement interrogées à domicile avec 80% des habitants des zones urbaines et 20% des régions rurales. La marge d’erreur pour un échantillon d’une telle ampleur ne dépasse pas +/- 2.1%. Cela signifie que le taux de l’authenticité des chiffres cités par l’étude est très élevé.
- La même étude a révélé un ensemble de données nouvelles démontrant la mutation de la scène médiatique Algérienne durant les dernières années en matière de presse écrite. Echorouk Al Yaoumi a réussi à renverser la tendance en un temps record, notamment face aux autres journaux arabophones et francophones, entre autres ceux créés lors de la dernière décennie du 20eme siècle.
- Echorouk Al Yaoumi est devenu le journal N° 01 pour un taux avoisinant 40% des Algériens, âgés de plus de 15 ans. 50% d’entre eux sont des wilayas de l’est, et un quart (1/4) revient à la Kabylie, qui, il n’y a pas longtemps, était une région francophone par excellence. Cela contredit la vision indiquant que les kabyles ne lisent que dans la langue de Molière. Et pour cause, le journal Echorouk a prouvé que la langue arabe est présente en force en Kabylie.
- Selon la même étude, le journal Echorouk est le journal le recommandé aux jeunes, ce qui est vu comme étant un acquis supplémentaire pour le journal N°01 des Algériens, surtout que « Echorouk » est connu pour être un journal destiné aux familles algériennes. Cela signifie que le journal prête attention aux préoccupations et aux problèmes des jeunes tels que les « Haraga », le chômage et la drogue. Echorouk s’est engagé, également, dans le domaine sportif qui intéresse le plus les jeunes.
- L’échantillon des cibles interrogées directement, dans les wilayas de l’est, comprenait 761 familles au niveau des wilayas de Sétif, Batna, Annaba et Constantine. Ce chiffre représente 30% de l’ensemble des citoyens interrogés au niveau national alors que 956 familles ont été interrogées dans les wilayas du centre, à savoir Alger, Tizi-Ouzou et Médéa. Ce chiffre représente 38% du total de l’échantillon au niveau national, contre 632 familles dans les wilayas de l’ouest, à savoir Oran, Tlemcen et Tiaret. Cette région représente 26% du total national. Alors que 171 familles ont été interrogées dans les régions du grand sud, à savoir Ouargla et Bechar ; cela représente 7% du taux global de l’échantillon utilisé pour la réalisation de ce sondage.
- Echorouk restitue la gloire au verbe arabe
- Selon les chiffres, les journaux arabophones qui paraissent en Algérie, Echorouk à leur tête, se sont bien enracinés dans la société, au contraire des journaux francophones dont la pénétration est très modeste. El Watan vient en 5ième position avec seulement 9,3%, Liberté est 6ième avec 8,8% suivi du journal d’Oran au 7ième rang avec 8,2%, puis le Soir d’Algérie, 8ième avec 4,2%.
- Le journal Enasr à Constantine n’arrive qu’en 9ième position avec un lectorat de 3,4%, suivi de Dernière Heure avec 2%, en dépit du fait que c’est le premier journal francophone algérien de l’état, qui date de l’époque coloniale et portait la voix de la guerre de libération.
- El-Moudjahd et El-Açil, journal d’expression arabe, sont ex-æquo avec 1,8%. La version d’El-Açil en français, occupe la 11ième place avec un lectorat de 1,5%, suivie de l’Expression avec 1,4%, puis de Compétition qui se taille 1,2% de lecteurs, ensuite El-Bilad à la 16ième position avec 1,1% et Info-Soir qui ne dépasse pas 1%.
- Le Jeune indépendant se classe 18ième avec 0,8%, talonné par l’Authentique puis l’Horizon avec 0,6%.
- Ces chiffres prouvent que le taux de pénétration des journaux algériens n’a aucune relation avec le volume des subventions perçues par les médias étatiques. Algérie-News et le Jour d’Algérie se classent successivement aux 21 et 22ième places avec 0,4% de lecteurs, et El-Fedjr créé lors de cette décennie ne dépasse pas 0,06%, à l’instar d’Echaab, puis vient El-Djoumhouria avec 0,057%, alors que l’état est derrière ces deux derniers journaux.
- Au travers de cette mosaïque de chiffres, Echorouk a eu l’insigne mérite de relever le taux de lectorat arabophone, par son impact dont beaucoup de journaux ne peuvent se targuer, bien que la responsabilité d’étendre le lectorat d’expression arabe, incombe à tous.
- Une énorme régression du français en Algérie
- L’étude réalisée par l’institut international de conseil et sondages, Immar Maghreb, atteste d’une terrible régression du lectorat des journaux d’expression française en Algérie. Les pourcentages obtenus prouvent la mutation profonde de la société durant les trois dernières décennies, particulièrement sa structure culturelle chez la tranche des jeunes qui, par ailleurs, subit des pressions visant à réanimer et enrichir son vocabulaire français, afin de reconstituer une couche francophone.
- El-Watan, à titre d’exemple n’a obtenu que 12,4 – 9,3 – 6 et 4,5% de pénétration dans les sociétés successives du centre, l’est, l’ouest et le sud du pays. Liberté s’est taillé 16,3% du lectorat du centre contre 5,3 et 3,3% pour l’est et le sud, et 2,5% à l’ouest. Le journal d’Oran est le plus populaire à l’ouest avec 21,1% alors qu’il ne chiffre que 5,3% à l’est et successivement 2,2 et 2,1% pour le centre et le sud.
- Ces chiffres reflètent la modeste pénétration du lectorat des journaux d’expression française, non seulement à l’échelle nationale, mais aussi régionale alors que le lectorat de langue arabe ne cesse de s’étendre réduisant celui de langue arabe à une peau de chagrin, résultat des générations de l’école fondamentale, qui ont suivi leur scolarisation en arabe, durant les deux dernières décennies.
- Les résultats du sondage indiquent que la société algérienne s’oriente vers une arabisation généralisée, générée par une régression de l’analphabétisme et une augmentation sensible du nombre d’algériens entre 15 et 35 ans qui, pour leur grande majorité, lisent en arabe. C’est le fruit des efforts de l’arabisation de l’école et de l’environnement durant les trente dernières années, avant que la réforme du système éducatif ne réintroduise les mentalités des programmes français dans l’éducation.