Sommet de l'Otan: turbulences en vue
Durant deux jours, les débats devraient se heurter aux réticences de Berlin et Paris au sujet de l'octroi à l'Ukraine et à la Géorgie du statut de candidat à l'Otan, défendu par Washington. Le sommet battra par ailleurs le rappel en faveur de nouveaux efforts en Afghanistan.
L es dirigeants de l’Otan se retrouvent mercredi soir à Bucarest pour L’assemblée devra surmonter les divergences publiques des Etats-Unis avec l’Allemagne et la France sur l’octroi à l’Ukraine et à la Géorgie du statut de candidat à l’Otan.
Ce sommet, qui sera l’occasion du plus grand rassemblement de l’histoire de l’Alliance atlantique avec près de 60 chefs d’Etat et de gouvernement auxquels se joindront le secrétaire général de l’ONU et le président de la Commission européenne, battra par ailleurs le rappel en faveur de
De passage mardi à Kiev, le président américain George W. Bush a annoncé la couleur: il demandera à ses 25 partenaires d’accorder à la Géorgie et à l’Ukraine le “Plan d’action en vue de l’adhésion” (le MAP, dans le jargon de l’Otan) qui fera entrer ces deux anciennes républiques soviétiques dans l’antichambre de l’Otan.
Mais cet appui ouvert des Etats-Unis, s’il recueillera l’assentiment de nombreux pays de l’Est aujourd’hui membres de l’Otan, risque de se heurter à l’opposition d’une dizaine d’autres, Allemagne et France en tête, qui jugent cette ouverture à Kiev et Tbilissi encore prématurée, alors qu’en dehors de l’Alliance atlantique, le puissant voisin russe y est viscéralement hostile.
Si la chancelière allemande Angela Merkel avait été la première le 10 mars à exprimer publiquement ses réticences, le Premier ministre français François Fillon a confirmé mardi que la France, contrairement à ce qu’espérait Washington, ne se rallierait pas non plus à la position américaine.
L’enjeu de ces discussions est d’autant plus important que les 26 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Otan doivent dans la foulée vendredi, toujours à Bucarest, tenir avec le président russe Vladimir Poutine un Conseil Otan-Russie qui s’annonce également plein de suspense, l’expansion de l’Otan aux frontières russes n’étant pas le seul motif de mécontentement de Moscou.