Sonatrach devrait payer à Gas Natural Fenosa 140 milliards de dinars
Le groupe Sonatrach peine à arrêter la baisse de la production du pétrole et du gaz qui ne cesse de chuter depuis 2007, et ce en dépit de la politique unique en matière d’industrie énergétique dans le monde qu’ont adoptée Chakib Khelil et Mohamed Meziane.
Au moment où les investissements engagés par Chakib Khelil ont doublé, en passant de 6.4 milliards de dollars en 2005 à 12.4 milliards de dollars en 2011, le bilan net du Groupe n’a pas connu d’évolution en se maintenant au même niveau que celui réalisé en 2006. C’est ce qui a frappé les spécialistes en la matière, en s’interrogeant sur l’utilité des investissements menés par les dirigeants du groupe et sur leur sort et sur le refus du commissaire aux comptes de certifier le rapport financier de 2011.
Pour enterrer les données si dangereuses que contenait le rapport, Sonatrach a œuvré à dissimuler le bilan nettement négatif des investissements consentis entre 2008 et 2011 d’un montant de 42 milliards de dollars sans autant réaliser une augmentation dans la production qui a pris une tendance baissière depuis 2007.
Notons qu’il ne figure pas sur le bilan en question le cachet du commissaire aux comptes chargé de contrôler et de certifier le rapport, à l’exception de celui du Moncef Badsi, en sa qualité de coordinateur. Il est à noter que ce fait porte atteinte à la réputation et à la crédibilité du leadership du cette compagnie.
Noureddine Legheliel, analyste boursier à la banque d’affaires suédoise a révélé à Echorouk que la situation dans laquelle se retrouve aujourd’hui Sonatrach n’était que la conséquence directe du bilan nettement négatif des investissements engagés par l’équipe dirigeante du groupe entre 2008 et 2011, alors que des objectifs escomptés n’ont pas été au rendez-vous en dépit des 42 milliards dollars déboursés.
Quant aux scandales qui ternisent l’image du groupe ces derniers temps, l’expert en économie a estimé qu’ils sont dus à la politique adoptée par les ex-responsables du secteur de l’énergie et des mines entre 2006 et 2010 que suivent encore les dirigeants actuels.
Notre interlocuteur reproche à Sonatrach sa manière de gestion qu’il qualifie d’absurde, en estimant qu’une lecture objective de ses chiffres révèle la gestion désastreuse de la plus grande compagnie du continent.
Il a ajouté qu’une simple comparaison entre les chiffres d’affaires réalisés en 2005 et 2011 démontre la réalité des faits.
En 2005, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 3536 milliards de dinars sur la base d’un baril de pétrole à 54 dollars, des fonds propres de l’ordre de 1881 milliards de dinars, un actif total de 3158 milliards de dinars, avec 1 dollars valant 67 dinars et un investissement annuel de 6.4 milliards de dollars. Sonatrach a réussi alors à réaliser un bénéfice net de l’ordre de 576 milliards de dinars.
En 2011, le groupe a réalisé un chiffre d´affaires de 5500 milliards de dinars sur la base d’un baril de pétrole à 112 dollars, avec un actif total de 7442 milliards de dinars et un cours de change 1 dollar pour 72 dinars et un investissement de 12,4 milliards de dollars. Cependant Sonatrach n’a enregistré qu’un bénéfice net de 688 milliards dinars, bien que les investissements ont presque doublé.
Même si l’on suppose que le coût de production d’une tonne de pétrole en Algérie entre 2005 et 2011 a augmenté, les bénéfices réalisés par le groupe dans la même période étaient entre 550 et 700 milliards de dinars à l’exception de 2009, où le bénéfice était de l’ordre de 345 milliards de dinars en raison de la chute des cours de pétrole. Ceci dit, les propos tenus par le Pdg actuel de Sonatrach, Abdelhamid Zerguine ne traduisent pas la réalité des choses, du moins pour la période allant de 2006 à 2012, bein qu’il n’était responsable de la politique d’investissement suivie par Chakib Khelil et Mohamed Meziane.
Selon l’expert, la politique de l’ex-ministre de l’Energie et des mines n’a conduit qu’à une baisse de la production du gaz et du pétrole de 5.5% en 2012, selon les chiffres communiqués par l’Opep.
Le rapport financier de 2011 révèle qu’au sujet du litige opposant Sonatrach à la firme espagnole Gas Natural Fenosa, dont les responsables de Sonatrach se félicitaient d’avoir sorti vainqueurs dans l’affaire. En effet, c’est le groupe Sonatrach qui est sorti vaincu et qui devait payer à la firme espagnole le montant de 140 milliards de dinars.