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Syrie: Annan “optimiste” malgré sa mission “difficile”, offensive à Idleb

الشروق أونلاين
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L’émissaire international Kofi Annan s’est dit “optimiste” dimanche après son entretien avec le président Bachar al-Assad, tout en reconnaissant la difficulté de sa mission de paix au moment où l’armée menait une offensive meurtrière contre la province rebelle d’Idleb.

 

Cette deuxième rencontre, comme celle de la veille, visait à négocier une  sortie de crise alors que les violences dans le pays, secoué depuis un an par  une révolte populaire réprimée dans le sang, ont fait plus de 8.500 morts,  selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). 

“Oui, je suis optimiste”, a déclaré M. Annan à des journalistes après son  entretien avec le président syrien. “Cela va être difficile, mais nous devons  espérer”, a-t-il nuancé, assurant que “la situation est si mauvaise et  dangereuse qu’on ne peut pas se permettre d’échouer”. 

Selon l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe, les discussions se sont  concentrées sur la nécessité “d’un arrêt immédiat des violences et des  meurtres, d’un accès aux agences humanitaires et d’un dialogue”. 

“La réponse réaliste est (…) d’adopter des réformes qui jetteraient les  bases solides d’une Syrie démocratique et d’une société pacifique, stable,  pluraliste et prospère sur la base du droit et du respect des droits de  l’Homme”, a encore poursuivi M. Annan. 

La veille, il avait exprimé devant M. Assad sa “profonde préoccupation”  face à la répression et rencontré des opposants qui se sont dits prêts à un  dialogue si le régime donnait des “signes de bonne volonté”, en particulier la  fin des violences. 

Le président Assad avait alors affirmé que Damas était “prêt à faire  réussir tout effort sincère pour trouver une solution”, prévenant toutefois que  le dialogue serait voué à l’échec tant qu’il y aurait “des groupes terroristes  oeuvrant pour semer le chaos”, en référence aux rebelles. 

Cette tentative de médiation est intervenue alors que la répression ne  montrait aucun signe de répit, au lendemain de la mort de 90 personnes à  travers le pays. 

Au moins neuf personnes sont mortes en Syrie dimanche. Samedi soir, dans la province d’Idleb, l’armée a pris d’assaut la ville  d’Idleb et dimanche le district de Jisr al-Choughour, d’après l’OSDH. 

Trois soldats ont été tués dans de violents combats entre déserteurs et  armée dans ce district où un civil a été également tué par les forces de  sécurité. Un quatrième soldat a péri dans des combats à Jabal al-Zaouia,  bastion rebelle dans Idleb. 

Une femme et son enfant ont par ailleurs été tués par des tirs de  mitrailleuses lourdes à Ariha, toujours dans la province d’Idleb, une région  montagneuse et frontalière de la Turquie. 

Depuis plusieurs jours, des troupes se massaient dans cette région, se  préparant à une offensive semblable à celle lancée contre Baba Amr, quartier  rebelle de Homs repris le 1er mars par l’armée après un mois de siège et de  pilonnage meurtrier. 

Par ailleurs, un champion de boxe, Ghiath Tayfour a été abattu par des  hommes armés à Alep (nord), selon l’OSDH, un meurtre attribué à un “groupe  terroriste” par l’agence officielle Sana. Dans la même ville, une militante  kurde a été tuée à l’aube par des tirs à un barrage. 

Sur le plan diplomatique, Damas a accusé Doha et Ryad d’envenimer la crise.  “Le Qatar et l’Arabie saoudite sont les principaux responsables de la poursuite  des événements en Syrie”, a écrit le quotidien gouvernemental Techrine,  appelant la communauté internationale “à neutraliser leur rôle négatif”. 

La veille, le Qatar, chef de file des pays arabes critiques de Damas, avait  dénoncé “un génocide” et appelé à nouveau à l’envoi de forces arabes et internationales en Syrie. 

L’Arabie saoudite avait de son côté jugé que le veto russo-chinois en  février à une résolution onusienne avait permis au régime de poursuivre la  répression.Moscou maintient son refus de tout ingérence et renvoie dos à dos le régime  et les rebelles. 

La Chine, également très critiquée pour son soutien à Damas, a dépêché pour  sa part un émissaire, Zhang Ming, qui a entamé en Arabie saoudite une tournée  qui doit le conduire en Egypte puis en France, pour expliquer sa position. Il a  rencontré dimanche à Ryad le secrétaire général du Conseil de coopération du  Golfe (CCG), Abdellatif Zayani. 

M. Annan doit quitter Damas dimanche pour Doha. Selon un diplomate turc, il  doit aussi visiter prochainement les camps de réfugiés syriens à la frontière syro-turque. 

 

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