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Syrie: appel à la désobéissance civile après la répression à Damas

الشروق أونلاين
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Les militantes pro-démocraties ont appelé à la désobéissance civile en Syrie dimanche, après deux jours de manifestations anti-régime à Damas même, des rassemblements d’une ampleur inédite dans la capitale qui ont été la cible de tirs des forces syriennes.

Alors que les violences ont fait six morts dans le pays, les militants  tentent de mobiliser autour des premiers “martyrs” de la capitale, jusqu’ici  plus habituée aux démonstrations de force du régime qu’à la contestation, avec  des rassemblements massifs de partisans du président Bachar al-Assad.

Sur le front diplomatique, l’Egypte a rappelé son ambassadeur en Syrie  “jusqu’à nouvel ordre”, après avoir appelé mercredi à “un changement pacifique  et réel”, tout en rejetant une intervention militaire.

L’Irak a de son côté souhaité que la Syrie, suspendue de la Ligue arabe,  participe néanmoins au sommet arabe prévu fin mars à Bagdad, estimant que “cela  ouvrira une page de dialogue, loin des ingérences.”

“Le sang des martyrs vous appelle à la désobéissance civile”, ont écrit les  militants sur leur page Facebook “Syrian Revolution 2011”, plaçant la journée  de dimanche sous le bannière de la “désobéissance civile de Damas”.

Des militants ont dit s’attendre à des “manifestations monstres” à Damas,  malgré la neige qui paralyse une partie du pays.

Samedi, entre “15.000 et 20.000 personnes”, selon l’Observatoire syrien des  droits de l’Homme (OSDH), avaient participé aux funérailles de quatre  manifestants abattus la veille par les troupes du régime dans le quartier de  Mazzé, les premiers tués au coeur de la capitale.

“C’est le rassemblement massif le plus proche de la Place des Omeyyades”,  célèbre place du centre-ville, a estimé Rami Abdel Rahmane, chef de l’OSDH,  basé au Royaume-Uni.

“Nous espérons que le martyr alimentera la révolte à Damas, comme l’a fait  il y a un an le premier martyr à Deraa (sud)”, où est née la contestation,  a-t-il ajouté.

Au cours de ces funérailles, un cinquième manifestant a péri lorsque les  troupes ont tiré sur la cérémonie devenue manifestation anti-régime.En contrebas du palais présidentiel, Mazzé abrite de nombreuses ambassades,  des bâtiments gouvernementaux et des services de sécurité.

“On se dit depuis le début que le jour où il y aura de grandes  manifestations à Damas et Alep (deuxième ville du pays), ce sera le début de la  fin du régime”, affirme Agnès Levallois, spécialiste du Moyen-Orient basée à  Paris.

“Le mur de la peur est vraiment tombé”, même à Damas, “l’endroit le plus  protégé de Syrie”, ajoute-t-elle, estimant que la poursuite de l’offensive  meurtrière sur la ville rebelle de Homs (centre) a décidé “beaucoup de Syriens  qui hésitaient à rejoindre la contestation”.

Autre ville initialement peu touchée par la contestation, Palmyre, au  nord-est de Damas, est assiégée depuis deux semaines par l’armée.

Les habitants de cette oasis classée au patrimoine mondial de l’Unesco  disent vivre dans la crainte des soldats postés autour de la ville, qui tirent  “sur tout ce qui bouge”.

Les champs d’oliviers et de palmiers –principale ressource avec le  tourisme de cette oasis aujourd’hui désertée par les visiteurs– ont été  pilonnés et de nombreux arbres ont brûlé, ont affirmé à l’AFP des habitants qui  ont pu s’échapper de la ville.

Au total, trois civils ont été tués dans la ville, où les communications  ont été coupées au début du siège, et “beaucoup de gens ont disparu, on ne sait  pas s’ils sont emprisonnés ou morts”, explique un habitant qui a réussi à  sortir après cinq jours de siège.

 

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