Syrie: au moins 19 civils morts dans les violences vendredi
Au moins 19 civils ont été tués vendredi dans des violences en Syrie, dont six dans des bombardements et des tirs dans la ville de Homs (centre) et trois manifestants, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Onze personnes ont péri dans la province de Homs. Huit d’entre elles dans la ville de Homs, tuées par balles ou des tirs de mortier dans les quartiers de Deir Baalbeh, Karm al-Zeitoun et Bab Dreib. Dans la région de Homs, deux manifestants ont été abattus par les forces de sécurité dans la localité de Mahine, et une femme a été tuée par un tireur embusqué dans la ville rebelle de Qousseir (15 km de Homs).
Dans la province d’Alep (nord), un manifestant a été tué et cinq autres ont été blessés dans la ville de Jarablos lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu sur un rassemblement.
Dans la province de Hama (centre), trois civils ont péri dans un assaut des forces régulières dans la localité de Traimsé.
A Damas, un jeune homme a été tué dans la nuit de jeudi à vendredi par les tirs des forces de sécurité dans le quartier de Kafar Soussé.
Et à Deraa, berceau de la contestation dans le sud du pays, un civil a été tué par les tirs des forces de sécurité à Msayfra.
Dans la province d’Idleb (nord-ouest), deux civils ont été tués par des tirs des forces gouvernementales alors qu’ils se trouvaient chez eux dans le district rebelle de Jabal al-Zaouia, selon l’OSDH.
Depuis plusieurs jours, les militants craignent une opération d’envergure contre ce bastion rebelle, semblable à celle menée à Baba Amr, quartier de Homs repris par l’armée le 1er mars.
Vendredi, les forces militaires ont d’ailleurs pris d’assaut les villages de Chaghourit, al-Laj, Hamimat et Sahn dans la province d’Idleb, lancé une campagne de perquisitions dans les villages et les zones agricoles et poursuivi des déserteurs, selon l’organisation.
“Nous craignons une opération d’envergure comme à Baba Amr, et pas un assaut normal”, a indiqué à l’AFP Rami Abdel Rahmane, président de l’OSDH.
Un nombre important de chars et de soldats sont rassemblés à Jabal al-Zaouia, selon Milad Fadl, un militant de la Commission générale de la révolution syrienne.
“Le plus grand nombre de déserteurs (en Syrie) est à Jabal al-Zaouia, c’est là-bas qu’il y a eu le plus grand nombre de défections”, a expliqué M. Abdel Rahmane. Certains rejoignent l’Armée syrienne libre (ASL), d’autres fuient, a-t-il indiqué.
Comme ils l’avaient fait pour Homs, les médias officiels syriens concentrent leur couverture sur Idleb, “affirmant qu’il y a des gangs terroristes qui terrorisent la population, pour préparer le public” à une éventuelle offensive, a estimé M. Abdel Rahmane.
Vendredi, des dizaines de milliers de manifestants manifestaient contre le régime de Bachar al-Assad et en hommage à la communauté kurde dont le soulèvement il y a huit ans à Qamichli (nord-est) avait été maté dans le sang, au prix de dizaines de morts.