Syrie: création d'un « Conseil militaire supérieur » rebelle
Un « Conseil militaire révolutionnaire supérieur » a été créé pour « libérer la Syrie » du régime du président Bachar al-Assad, sous le commandement d’un général déserteur de l’armée réfugié en Turquie, selon un communiqué publié lundi.
« Après consultations avec des officiers déserteurs, un accord a été conclu pour créer le Conseil militaire révolutionnaire supérieur en vue de libérer la Syrie de cette bande (le clan Assad) », lit-on dans le communiqué signé par le général Moustapha al-Cheikh. Ce Conseil a été créé après « l’embrigadement des rebelles (…) qui souhaitent rejoindre nos brigades (…) dans toutes les provinces syriennes », selon le communiqué. Il ne cite toutefois pas nommément l’Armée syrienne libre (ASL), qui revendique quelque 40.000 déserteurs et qui mène des opérations contre les forces du régime, récemment même aux portes de Damas. Quelques heures plus tard, sur sa page Facebook, l’ASL s’est démarquée de cette initiative, affirmant n’avoir pas été consultée. « Le général al-Cheikh ne fait pas partie de l’ASL. Il n’y a eu aucune discussion avec lui pour la création de ce soi-disant ‘Conseil militaire supérieur’ et ce général ne représente que lui-même », a affirmé le chef de l’ASL, le colonel Riad al-Assaad. « Le moment choisi pour sa création sert le régime » du président Bachar al-Assad, a assuré le colonel. L’ASL a déjà mené de nombreuses opérations contre des soldats de l’armée régulière qui ont fait des dizaines de morts, face à une répression de la contestation qui a coûté la vie à plus de 6.000 personnes, selon des militants. Le général al-Cheikh, 54 ans, est le plus haut gradé ayant fait défection depuis le début à la mi-mars de la révolte contre le régime. Il avait fait défection en janvier avec son fils et son frère, tous deux militaires. Un autre frère, membre du parti Baas syrien au pouvoir, s’est également enfui. Selon le journal turc Hürriyet Daily News, le général al-Cheikh était le numéro deux de l’armée du Nord syrienne, chargé du renseignement.