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Syrie : encore des morts !

الشروق أونلاين
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Au moins treize personnes ont été tuées par balles lors de funérailles, samedi, des victimes de la répression meurtrière la veille, lors de manifestations hostiles au régime du président Bachar al-Assad.Par ailleurs, deux députés ont démissionné pour protester contre ces violences.

 

Selon les militants des droits de l’Homme, la répression des manifestations a coûté la vie vendredi à plus de 80 personnes et samedi à au moins treize. En signe de protestation, deux députés « indépendants », Nasser Hariri et Khalil Rifaï, ont affirmé samedi en direct à la télévision al-Jazira avoir démissionné du Parlement. Tous deux sont élus de la région de Deraa où est né le mouvement de contestation. « J’appelle instamment le président Bachar al-Assad à intervenir », a notamment déclaré M. Hariri. Samedi, cinq personnes ont été tuées dans la région de Deraa (100 km au sud de Damas), cinq à Douma (à 15 km au nord de Damas) et trois à Damas, alors que des dizaines de milliers de Syriens participaient aux obsèques des victimes de la veille. A Douma, cinq personnes ont été tuées par des tireurs embusqués postés sur des immeubles au passage d’un cortège funèbre qui se rendait de la mosquée au cimetière, selon un témoin et un militant des droits de l’Homme.

Dans la région de Deraa, où la plupart des boutiques étaient fermées en signe de deuil, cinq personnes ont été tuées par les forces de sécurité qui ont tiré à balles réelles sur les habitants se rendant vers Ezreh pour assister aux funérailles ainsi que devant l’hôpital de Deraa. Selon des militants, au moins trois personnes ont par ailleurs été tuées par des tirs des forces de sécurité dans le quartier de Barzeh, à Damas. Dans la capitale et ses environs, les funérailles de neuf personnes devaient avoir lieu après la prière, selon Abdel Karim Rihaoui, président de la Ligue syrienne des droits de l’Homme. La journée du « Vendredi saint » telle qu’appelée par des groupes de l’opposition a été l’une des plus sanglantes depuis le début du mouvement de contestation le 15 mars contre le régime de Bachar al-Assad et a vu une mobilisation inédite des protestataires. Au lendemain de la levée de l’état d’urgence, la Sécurité a ouvert le feu pour disperser les dizaines de milliers de manifestants, le gouvernement ayant mis en garde contre toute manifestation organisée sans autorisation.

Au moins 82 personnes ont été tuées et des centaines blessés, dont des enfants et des personnes âgées, selon des militants et des témoins. Le Comité syrien des droits de l’Homme, basé à Londres, a évoqué de son côté samedi une liste nominative de 112 morts pour hier, dont une minorité n’a pas été authentifiée. La journée la plus sanglante jusque-là avait été le 23 mars à Deraa où plus de 100 personnes avaient péri. « Les forces de sécurité ont commis un massacre terrifiant contre le peuple héroïque syrien qui a manifesté pacifiquement pour obtenir ses droits légitimes à la liberté et la justice », a dénoncé le Comité des martyrs de la révolution du 15 mars. « Les comités de coordination en Syrie », un groupe de militants qui organise les manifestations, ont fait assumer à l’État « la responsabilité » des violences, appelant à « la dissolution des services de sécurité ». De Washington à Bruxelles, en passant par l’ONU, les Occidentaux ont également exprimé leur indignation appelant le régime à cesser de recourir à la violence.

 

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