Syrie : Homs de nouveau pilonnée par l'armée
L’armée syrienne a repris samedi son pilonnage violent du bastion rebelle de Homs qu’elle assiège, ont indiqué des militants sur place en disant manquer de nourriture et d’eau et craindre “un massacre” en cas d’assaut des troupes.
Un civil est mort dans le pilonnage du quartier de Khaldiyé à Homs et neuf autres personnes ont péri dans des combats ou sous les tirs des forces du régime de Bachar al-Assad dans d’autres localités du pays, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
“Les forces gouvernementales poursuivent depuis quatre à cinq jours le pilonnage de Homs, dans une tentative de prendre le contrôle de plusieurs quartiers”, a précisé l’OSDH, en sa basant sur des témoignages de militants sur place.
“Le pilonnage n’a pas cessé et le siège de la ville nous étouffe. Nous manquons de nourriture, d’eau et de médicaments”, a affirmé Abou Bilal, un militant sur place, avertissant que si les troupes entrent dans les quartiers encerclés, “elles massacreront toutes les personnes s’y trouvant”.
Les forces du régime ont pilonné également Talbissé et Rastane, autres localités de la province de Homs qui sont hors du contrôle du régime depuis des mois, a précisé l’ONG.
Une vidéo mise en ligne par des militants montre le quartier de Jouret al-Chiyah à Homs ravagé par les destructions, avec des rues vides et des bâtiments incendiés. “Nous n’avons plus de lait pour les enfants, ni eau ni électricité”, s’est plainte une mère de deux enfants.
“Nous n’avons pas peur, nous ne demandons ni argent ni armes, nous voulons juste sortir nos enfants d’ici”, dit-elle sur cette vidéo.
Samedi, le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, a averti qu’un nouveau massacre se profilait à Homs, affirmant que 30.000 soldats et membres de milices pro-gouvernementales assiégeaient la ville.
La veille, l’OSDH avait exhorté l’ONU à “intervenir immédiatement pour faire arrêter les bombardements incessants sur les quartiers de Homs afin d’évacuer plus de 1.000 familles encerclées, comprenant des enfants et des femmes”.
Dans la province d’Alep (nord), un civil a péri à l’aube dans les bombardements de la localité d’Abine que les forces gouvernementales tentent de contrôler, selon l’OSDH.
Dans la province de Damas, à la pointe de la rébellion contre le régime, des combats violents se sont déroulés entre insurgés et soldats dans la localité de Mleiha, a poursuivi l’OSDH. Un civil a péri sous les tirs des forces de sécurité à Misraba, et un autre à Nahr Aïché, dans la même province.
Ailleurs, un civil a été tué par un tireur embusqué près du village al-Tamaané, dans la province d’Idleb (nord-ouest), et un combattant rebelle et un civil ont péri à Deir Ezzor (est).
Au moins trois soldats ont été tués dans des combats avec des insurgés dans la vallée du Ghab dans la province de Hama (centre), selon l’ONG.
Les observateurs de l’ONU ont annoncé samedi la suspension de leurs opérations en Syrie raison de “l’intensification des violences” dans ce pays où 69 personnes, dont 51 civils, ont été tuées samedi, d’après l’OSDH.