Syrie: la mission arabe est un échec selon le chef militaire rebelle
Le chef de l'Armée syrienne libre (ASL), regroupant les militaires dissidents, a appelé jeudi la Ligue arabe à reconnaître l'échec de la mission de ses observateurs en Syrie et au transfert du dossier de la crise à l'ONU, dans un entretien à l'AFP.
Joint par l’AFP depuis Beyrouth, le colonel Riad Assaad, basé en Turquie, a indiqué qu’il souhaitait le retrait des observateurs, avant de se rétracter dans un deuxième appel téléphonique. On espère qu’ils annoncent l’échec de cette initiative, a-t-il affirmé, en référence au Comité ministériel arabe qui se réunit dimanche pour entendre le rapport du chef de la mission des observateurs, de plus en plus décriée par l’opposition syrienne, le régime ayant poursuivi sa répression sanglante malgré leur présence sur le terrain. Nous souhaitons que la Ligue arabe se désiste et permette aux Nations unies d’assumer la responsabilité car l’ONU est la plus habilitée à trouver des solutions, a ajouté le colonel Assaad. Nous, et tout le peuple syrien, sommes pour le transfert du dossier à l’ONU car les Arabes ne sont pas capables de prendre aucune réelle décision concernant la Syrie, a-t-il dit, en relevant qu’aucune clause de l’initiative arabe n’a été appliquée par le régime du président Bachar al-Assad. Le militaire rebelle a affirmé à l’AFP être à la tête de 40.000 déserteurs qui mènent régulièrement des attaques contre des postes des forces de l’ordre syriennes. Un groupe d’observateurs arabes a rencontré des officiers de l’ASL à Homs dans le centre de la Syrie, a-t-il en outre déclaré. Ils leur ont communiqué les noms des détenus et leur ont fait état des conditions de vie des Syriens et des pressions du régime. Des militants ont diffusé sur YouTube une courte vidéo de la rencontre à Homs entre des observateurs arabes et des membres de l’ASL. Depuis 10 mois, les massacres augmentent jour après jour et depuis l’entrée des observateurs, le nombre de martyrs a augmenté, a-t-il encore souligné. Après plus de neuf mois de répression sanglante, une première délégation composée de cinquante observateurs arabes et dirigée par le général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi est arrivée le 26 décembre en Syrie, dans le cadre d’un plan de sortie de crise de la Ligue arabe, signé par Damas. Ce plan prévoit la fin des violences, le retrait de l’armée des villes et la libération des manifestants arrêtés. Les observateurs se sont rendus dans plusieurs villes, notamment des foyers de la contestation dont la répression a fait, selon une estimation de l’ONU, plus de 5.000 morts. La controverse suscitée par la mission des observateurs incite certains pays à vouloir revenir devant le Conseil de sécurité de l’ONU pour mettre fin à la répression.