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Syrie: le CNS commémore à Alger les 30 ans du massacre de Hama

الشروق أونلاين
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Une conférence a marqué samedi à Alger les 30 ans du massacre de Hama (Syrie), en pleine contestation sanglante du régime en Syrie, avec pour principal invité le juge et défenseur des droits de l’Homme Haytham el Maleh.

M. Maleh, 81 ans, qui est membre du comité exécutif du Conseil national Syrien (CNS,opposition), et d’autres intervenants ont évoqué les bombardements de la nuit de vendredi à samedi contre Homs, ville voisine de Hama, où plus de 200 personnes ont péri, selon des défenseurs des droits de l’Homme en Syrie. M. Maleh, qui devrait rencontrer plusieurs responsables de partis politiques mais aucun officiel, a raconté la Syrie de la dynastie Assad (Hafez le père et Bachar le fils), notamment le massacre de Hama en février 1982 sous la supervision de Rifaat el Assad, frère du défunt Hafez (1970-2000). Il y a alors eu en une semaine 47.000 personnes tuées, a affirmé M. Maleh. La répression sanglante du soulèvement des Frères musulmans en février 1982 à Hama, commémorée depuis jeudi par des manifestations en Syrie, constitue l’une des pages les plus noires de l’Histoire contemporaine de la Syrie. Selon diverses sources, les émeutes et les opérations militaires menées pendant environ un mois par les redoutables Brigades de défense, un corps d’élite dirigé par Rifaat al-Assad, ont fait entre 10.000 et 40.000 morts. Plusieurs fois détenu lui-même, M. Maleh, libéré en mars 2011, s’est étendu sur les conditions d’incarcération des prisonniers politiques sous le régime criminel de Syrie: entre 100 et 300 détenus par cellule. Des condamnés jugés en cinq minutes par un tribunal militaire qui pouvait les épargner s’ils prêtaient allégeance au pouvoir, a poursuivi cet inlassable défenseur des droits de l’Homme en Syrie. Invités notamment du quotidien arabophone Ecchourouk, M. Maleh et un membre du CNS, Fateh Erraoui, se sont exprimés devant un très large drapeau syrien, celui de l’opposition, où le vert, couleur de l’islam, a remplacé le rouge du drapeau officiel actuel. La conférence a débuté avec par une récitation du Coran en commémoration de la tragédie de Hama, tandis que des affiches évoquaient ce massacre: Je suis orphelin, Hafez a tué mon grand-père. Bachar a tué mon père, lisait-on sur l’une d’elle montrant la photo d’un garçonnet. Cela fait 50 ans de peine et de souffrances, a lancé Nidal Debbah, un avocat syrien, responsable en Algérie du CNS, en allusion à la succession de coups d’Etats militaires qu’a connus la Syrie dans les années 60 jusqu’à celui qui a installé le clan Assad au pouvoir en 1970. Prochainement à Damas, incha’allah, a lancé, la voix brisée par les larmes, cet exilé de 40 ans originaire d’Alep (nord de la Syrie). Quelque 2.000 Syriens vivent en Algérie dont ils ont pris la nationalité et ils sont des dizaines de milliers d’autres dans le monde à avoir fui leur pays.

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