Syrie : les affrontements meurtriers se multiplient
Alors que leur pays sombre dans la guerre civile et le chaos, au moins 40 Syriens fuyant la répression sont entrés en Turquie le week-end dernier. L'un d'entre eux a succombé à ses blessures lors de son transport.
«Un homme blessé par balles a perdu la vie dans l’ambulance qui le transportait vers un hôpital en Turquie, après avoir franchi la frontière dans un état grave», dans la province de Hatay (sud), a précisé une source diplomatique turque. Parmi les 41 personnes qui ont franchi la frontière, une vingtaine ont été traitées pour des blessures diverses, apparemment en raison de leur participation dans le nord-ouest de la Syrie à la contestation contre le régime syrien, a souligné cette source.
Des ambulances se tiennent prêtes à la frontière
A l’heure actuelle, il y aurait au total 259 réfugiés syriens en Turquie, dont 35 sont hospitalisés. Le gouverneur de Hatay, Mehmet Celalettin Lekesiz, a déclaré pour sa part à l’agence de presse turque Anatolie que des ambulances se tenaient prêts à la frontière pour parer à d’éventuels nouveaux arrivants blessés.La Turquie et la Syrie, qui partagent une frontière de plus de 800 km, ont récemment supprimé les visas.
La Syrie est en proie depuis le 15 mars à un mouvement de contestation contre le régime du président Bachar al-Assad. Selon des organisations de défense des droits de l’Homme, plus de 1100 civils ont été tués depuis le début du mouvement.
Des dizaines de policiers auraient été tués
Et la tension ne semble pas retomber, puisque des transports de troupes faisaient route mardi vers la ville de Jisr al-Choughour, dans le nord-ouest de la Syrie, théâtre depuis samedi d’opérations de l’armée, a indiqué un militant sur place. L’armée et la police auraient notamment subi lundi de violentes attaques par des «groupes armés», a affirmé la télévision officielle, faisant état de 120 agents tués, dont 80 au QG de la Sécurité. Deux militants sur place, contactés par l’AFP à Nicosie, ont donné une version totalement différente des faits, affirmant que les policiers avaient été tués lors d’une mutinerie au QG de la Sécurité. Les habitants de cette ville ont par ailleurs démenti avoir appelé l’armée à pénétrer dans la ville. La présence d’hommes armés, qui justifie selon les autorités la présence de l’armée, a également été démentie par les habitants.
Parallèlement, des militants pro-démocratie ont lancé sur Facebook un appel à manifester pour une journée baptisée «Mardi de la renaissance», demandant à l’armée de protéger les citoyens «des agents» du régime.