Syrie: l'opposition demande la création de “zones de protection”
Le Conseil national syrien (CNS), principale instance de l’opposition syrienne, a réclamé mercredi la création de “zones de protection” en Syrie et estimé qu’une intervention militaire pourrait être la “seule option” pour mettre un terme à la répression.
Le CNS participe vendredi à Tunis à la Conférence des amis du peuple syrien en compagnie des représentants de plus de cinquante pays, à l’exception notable de la Russie.Cette conférence vise à “adresser un message clair” au régime syrien, sommé de “cesser les tueries”, et exhorter l’opposition à s’unir en vue d’une éventuelle reconnaissance par la communauté internationale.
Pour sa part, le CNS va demander à la communauté internationale d’accentuer ses efforts et sa pression pour venir en aide aux Syriens confrontés à une “catastrophe humanitaire”.
“Nous appelons les amis de la Syrie à prendre des mesures supplémentaires pour la sauvegarde du peuple syrien en créant des zones sécurisées dans les régions frontalières et en protégeant les réfugiés qui viennent y chercher refuge”, dit le CNS dans une déclaration.Ces zones sécurisées doivent l’être “sous les auspices de l’ONU, si possible”.
“Nous demandons une aide humanitaire immédiate pour les régions les plus touchées avec la création de couloirs sécurisés pour les convois humanitaires”, indique le CNS.
Selon la porte-parole du CNS, Basma Kodmani, il s’agit notamment de venir en aide à Homs depuis le Liban, à Idlib depuis la Turquie et à Deraa depuis la Jordanie.
“Des couloirs sécurisés peuvent être garantis si la Russie s’engage à forcer le régime à respecter l’accès des convois en toute sécurité, réduisant ainsi la nécessité de militariser le passage” des convois, souligne le CNS.
Pour cela, Mme Kodmani se rend mercredi à Genève pour rencontrer les responsables du Comité international de la Croix Rouge (CICR). “Le but est de voir avec la Croix Rouge comment sécuriser l’aide humanitaire à la Syrie”.
“Nous voulons demander à la Russie de faire pression sur le régime syrien pour qu’il ne vise pas les convois d’aide”, a-t-elle précisé.
Mais le vice-ministre russe des Affaires étrangères Guennadi Gatilov a rejeté mercredi l’idée de “couloirs humanitaires”, estimant qu contraire qu’ils ne feraient qu'”aggraver le conflit”.
Pressé par la rue de demander une intervention militaire internationale, le Conseil national syrien a jusqu’à présent toujours rejeté cette idée, mais sa porte-parole a estimé mercredi “que cela pourrait bien être la seule option”.
“Nous avons exploré toutes les options (autre que l’option militaire) et attendions que la Ligue arabe épuise tous les options. Aucune n’a donné de résultat”, a-t-elle expliqué. “Nous avons le choix entre deux maux: une intervention militaire ou une guerre civile”.
En attendant, le CNS appelle les participants à la conférence de Tunis “à ne pas empêcher les pays (qui le veulent) d’aider l’opposition syrienne en envoyant des conseillers militaires, en entraînant (les rebelles), en leur fournissant des armes pour se défendre” si le régime de Bachar al-Assad continue de refuser le plan de la Ligue arabe et de mettre fin aux violences contre les civils.
Récemment, le sénateur américain John McCain avait appelé les Etats-Unis à envisager d’armer l’opposition pour faire cesser “le bain de sang”. “Nous devrions commencer à envisager toutes les options, y compris celle consistant à armer l’opposition”, avait-il lancé.
Pour sa part, le Qatar s’était dit favorable à l’envoi de troupes arabes et pourrait être tenté de rejouer le scénario libyen. A l’époque, le Qatar avait fourni des armes en quantité aux rebelles.
Le CNS est également inquiet de l’entrée de “jihadistes étrangers” sur le territoire syrien. “Le Conseil national syrien demande l’aide des amis de la Syrie pour aider les pays voisins à sécuriser leurs frontières terrestres avec la Syrie”.