Syrie : l'Union européenne soutient l'opposition
L'Union européenne (UE) a salué, lundi, la création du Conseil national syrien (CNS) regroupant la majorité des courants de l'opposition au président syrien Bachar el-Assad.
Lancé officiellement le 2 octobre à Istanbul, le CNS réunit pour la première fois la majeure partie des courants politiques, comptant notamment dans ses rangs les Comités locaux de coordination (LCC) qui chapeautent les manifestations sur le terrain, les libéraux, la confrérie des Frères musulmans interdite de longue date en Syrie, ainsi que des partis kurdes et assyriens. Dimanche, les violences à travers le pays ont encore fait 31 morts, a annoncé, lundi, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). L’UE s’apprête à renforcer les sanctions contre le régime et a salué “les efforts de la population syrienne pour établir une plate-forme de l’opposition unie et appelle la communauté internationale à faire de même. La création du CNS constitue un pas positif”, affirme un projet de document qui doit être approuvé par les ministres européens des Affaires étrangères. Environ 90 représentants de plusieurs groupes d’opposition, dont des membres du CNS, se sont réunis près de Stockholm samedi et dimanche sous les auspices du Centre international Olof Palme. Une délégation du CNS est attendue en outre à Moscou en octobre.
La Russie propose une table ronde
Le représentant du Kremlin pour les crises dans le monde arabe, Mikhaïl Marguelov, a reçu de son côté lundi une délégation présentée comme étant une branche “modérée” de l’opposition. La délégation, que d’autres opposants syriens accusent d’être des proches du régime d’Assad, est conduite par un chef du parti communiste syrien, Qadri Jamil. “Nous sommes prêts à organiser une table ronde pour que les représentants de l’opposition et du pouvoir puissent se mettre d’accord, à Moscou ou ailleurs”, a déclaré Mikhaïl Marguelov, dont le pays est un allié de longue date de Damas. La Russie s’est par ailleurs dite prête à proposer au Conseil de sécurité de l’ONU, avec la Chine, un projet de résolution plus “équilibré” que celui sur lequel Moscou et Pékin ont mis leur veto la semaine dernière. “Nous proposons d’adopter une résolution équilibrée qui condamnera les violences des deux côtés”, celles du régime et celles de l’opposition, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, dans une interview à l’hebdomadaire Profil. “Dans le même temps, il faut que nous demandions à Assad de poursuivre les réformes qu’il a déjà engagées”, a-t-il ajouté.