Tabbou: «Si Nezzar était courageux, il aurait parlé du vivant de Da L’Hocine»
Karim Tabbou, porte-parole de l’Union démocratique et social (UDS), en cours de constitution, a démenti les déclarations du général à la retraite, Khaled Nezzar, dans lesquelles il nie avoir proposé au feu Hocine Aït Ahmed le poste de président du Haut Comité d’Etat (HCE).
Karim Tabbou affirme détenir des informations précises sur le sujet à travers ses entrevues avec Aït Ahmed et ses déclarations affirmant avoir reçu une proposition d’être à la tête du HCE qu’il a bien entendu refusée.
En outre, Tabbou a vivement critiqué Nezzar à qui il reproche de ne pas avoir évoqué le sujet du vivant d’Aït Ahmed.
Invité du forum du journal « El Chabab El Jadid », le porte-parole d’UDS estime que les déclarations de certains généraux s’inscrivaient dans le contexte d’une recherche continue d’équilibre au sein du pouvoir.
Selon lui, ces derniers sont impliqués dans la catastrophe qui a secoué le pays durant les années 1990 dont les retombées sur le plan politique et social persistent encore.
Pour ce qui est du démenti de Zeroual, l’ancien premier secrétaire du FFS a tenu à lui répliquer: s’il avait eu le courage, il l’aurait soulevé du vivant d’Aït Ahmed en s’interrogeant également: pourquoi a-t-il attendu six ans pour répondre aux propos tenus par feu Aït Ahmed?
Tabbou a ajouté avoir été présent lors d’une rencontre entre Nezzar et Aït Ahmed, lors du procès de Souaïdia, dont le premier a dit au Zaïm du FFS: « Nous sommes tous deux des Algériens… ». Aït Ahmed lui répliqua: « Ce qui nous sépare, c’est un fleuve de sang ».
Pour lui, c’est honteux qu’un caporal de l’armée française (1955) vienne 50 ans plus tard proposer le poste de Président au chef de l’Organisation secrète (OS) dans les années 1940 et à un des déclencheurs de la Révolution.
Sur la révision constitutionnelle, Tabbou estime qu’elle ne répond pas aux aspirations du peuple. Pour lui, c’est une manœuvre pour gagner du temps et de maintenir au pouvoir.
Par ailleurs, il a critiqué le fait de charger Ahmed Ouyahia de dévoiler le contenu de l’avant-projet de révision constitutionnelle, lui qui est, selon lui, impliqué dans la violence, la fraude et le mensonge.
S’agissant de l’officialisation de la langue amazighe, il relève deux facteurs positifs: c’est que Bouteflika revient sur ses propos tenus à Tizi Ouzou selon lesquelles il serait impossible de constitutionnaliser la langue Amazighe en tant que langue nationale d’une part, et que ce dernier entend se réconcilier avec lui-même d’une autre.
A ce propos, Tabbou réclame des garanties juridique car, d’après lui, Tamazight a toujours été utilisée par le pouvoir comme étant une carte politique pour gérer la crise.