Top secret: c’est ainsi que l’attentat de Tiguentourine a dévoilé le «marché de la mort» entre Sonatrach et les Allemands
Les déclarations du vice-Pdg de Sonatrach B.B., accusé dans l’affaire Sonatrach 1, ont révélé que le marché de la protection électronique des installations relevant de Sonatarch au Sud, obtenu par le groupe allemand Kontal von Wark d’une manière contraire au code des marchés, avait été conclu suite à un avis favorable envoyé par Chakib Khelil, le ministre de l’Energie à cette époque, au Pdg. L’avis favorable portait sur la passation du marché avec le groupe allemand de gré à gré.
Khelil a adressé une correspondance d’un ton grave aux cadres de Sonatrach
Les déclarations du vice-Pdg B. B. lors de son audition par le juge d’instruction à la cour de Sidi M’hamed montrent que Khelil, qui se trouve aux USA actuellement, était au courant des marchés conclus avec le groupe allemand d’une façon contraire à la législation et au code des marchés publics. Les employés de Sonatrach avaient reçu des instructions de la part du ministre de l’Energie en 2004 pour réaliser un marché pour la protection électronique des centres et des complexes relevant du ministère et de Sonatrach dans un délai de 6 mois.
Ils assumaient une responsabilité civile et pénale dans le cas de la non-réalisation dans les délais fixés. Leurs déclarations montrent que l’instruction de Khelil avait un ton grave et véhiculait une menace claire si le marché n’était pas accompli. L’accusé a révélé qu’il avait été nommé, en 2005, par decret présidentiel.
Meziane a proposé le nom de la société allemande au ministre de l’Energie
Les déclarations de l’accusé indiquent, également, que le groupe allemand avait visité Hassi Messaoud et avait présenté des offres et une étude du projet. Le Pdg de Sonatrach à cette époque avait transmis une correspondance à Khelil en lui proposant d’octroyer le projet modèle de la protection électronique du complexe industriel de Hassi Messaoud et de Hassi R’mel au groupe allemand. L’enquête a prouvé que ce groupe n’avait jamais gagné des marchés similaires sur le marché algérien et que le fils de Mohamed Meziane avait obtenu des actions dans une des filiales du groupe en Algérie.
C’est ainsi que le groupe allemand a gagné les marchés
L’accusé B. B. a révélé que le groupe allemand a gagné les trois marchés du projet de la protection électronique. Suivant les directives du Pdg, le contrat du marché No I-HSE-88 avait été signé. Le groupe allemand/algérien avait, également, obtenu trois marchés à Hassi Messaoud et ce dans le cadre d’un appel d’offres. Cela intervenait après que le Pdg du groupe ait décidé de diviser le marché en 4 sections et d’octroyer une section à chaque société concernée par l’appel d’offres afin de créer une concurrence.
L’accusé a confirmé qu’il avait présenté l’étude du projet à Mohamed Meziane et lui avait demandé de négocier avec le groupe allemand pour réduire les prix dans les trois marchés.
Ainsi, H. M. avait été chargé, en tant que détenteur du projet, de la mission de négocier pour arriver à 15%. Ce dernier a réussi à atteindre une réduction de 11.4%. Le groupe allemand avait, finalement, réussi à gagner les trois marchés notamment après le retrait de Siemens.
B.B. a indiqué qu’il n’avait jamais rencontré l’accusé A. M. R., le représentant du groupe algéro-allemand que ce soit avant ou après les marchés.
La base de vie de Hassi Messaoud, là où l’affaire a commencé
Le dossier de l’affaire montre que le marché de la protection électronique de la base de vie du 24-Février avait été octroyé au groupe allemand d’une façon contraire à la législation. Ce projet était la cause même de la réussite des attentats terroristes contre la base de Tiguentourine. Le groupe allemand qui n’avait pas l’expérience et les moyens en comparaison avec d’autres sociétés avait gagné le projet de gré à gré à travers la corruption et les privilèges accordés par le directeur de sa fililale au profit des fils et de la famille de Meziane.
La société allemande a obtenu le marché pour équiper la base de vie du 24-Février à Hassi Messaoud à travers un contrat de gré à gré simple en date du 4 août 2008 suivant la décision du Pdg. La valeur du marché était estimée à 30 millions d’euros.