Tunisie: les salafistes tunisiens veulent l’application de la charia
Des salafistes djihadistes revendiquent la promulgation d’une loi qui permet aux étudiantes portant le voile intégral de poursuivre leurs études dans les universités tunisiennes. Ils demandent aussi de juger Rachid Ben Ammar et Beji Caïd Essebsi.
Des salafistes djihadistes ont organisé lundi des manifestations dans les universités tunisiennes pour demander de juger le général Rachid Ben Ammar, chef d’état-major interarmes, et Beji Caïd Essebsi, le Premier ministre du gouvernement de transition sur le dépassements commis par l’armée et la Garde nationale tunisiennes et sur les exécutions qui ont eu lieu dans les prisons tunisiennes durant la révolution de Jasmin. Par ailleurs plus de 4000 salafistes djihadistes ont organisé un sit-in devant l’université la faculté des lettres de l’université de Manouba. Ils revendiquent la promulgation d’une loi qui permet aux étudiantes portant le voile intégral de poursuivre leurs études dans les universités tunisiennes et l’ouverture de salles de prières au niveau des campus. Les étudiants scandant Allah Akbar (Dieu est grand) ont également appelé à l’application de la charia (la loi islamique). D’autre part, plusieurs centaines de policiers ont manifesté lundi à Tunis, réclamant notamment des procès équitables et transparents pour les agents et cadres actuellement en état d’arrestation, accusés de meurtres de manifestants lors du soulèvement qui a provoqué la chute du régime de l’ancien président Ben Ali. Organisée à l’appel de l’Association tunisienne pour une police citoyenne (ATPC) et du syndicat des forces de sécurité nationale, la manifestation a vu également la participation des proches des responsables de l’appareil sécuritaire arrêtés et des 38 policiers morts au cours des émeutes. Rassemblés aux premières heures de la matinée devant la caserne de Ras Tabia où siège le tribunal militaire de Tunis, les protestataires ont ensuite défilé devant le palais du gouvernement à la Kasbah, avant d’observer un sit-in face au palais de justice, puis aux alentours de leur ministère de tutelle.