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Un Turc à la tête du Conseil français du culte musulman!

الشروق أونلاين
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D.R
Ahmed Ogras, président du Conseil français du culte musulman (CFCM)

La communauté algérienne a perdu une fois de plus la tête du Conseil français du culte musulman (CFCM) qui sera dirigé à partir du 1er juillet par un Français d’origine turque, en l’occurrence Ahmed Ogras.

Une instance qui sert de relais entre les autorités françaises et les musulmans qui sont installés en France.

En effet, la communauté turque est moins importante en France que la communauté algérienne et marocaine. D’ailleurs, cette victoire a surpris de nombreux observateurs. Elle est synonyme de la  victoire de l’islam turc sur l’islam maghrébin qui survient dans un contexte où le monde arabe est confronté à une sérieuse crise diplomatique entre le Qatar et ses voisins du Golfe.

C’est pour la première fois que cette instance soit présidée par un non-Maghrébin depuis sa fondation en 2003, dont le recteur de la Grande Mosquée de Paris, l’Algérien Dalill Boubakeur a pris les commandes de 2003 à 2008, avant qu’un Franco-Marocain ne lui succède,   en l’occurrence Mohammed Moussaoui. 

Le recteur de la GMP a été élu pour un nouveau mandat 2013-2015. Le Franco-Marocain Anouar Kbibeche lui a succédé en 2015 et celui-ci doit à son tour cédé place au Franco-Turc, Ahmed Ogras.

Si l’idée de la création de cette instance s’était élaborée en 1997, du temps de Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’Intérieur, sa réalisation ne verrait le jour qu’en 2003, dont Nicolas Sarkozy était alors ministre de l’Intérieur. Celui-ci a effectivement concrétisé le projet avec comme objectif essentiel était d’imposer l’influence de l’Etat français sur l’Islam et d’utiliser la communauté musulmane à des fins électoralistes, lui qui a compté sur l’appui de cette dernière pour occuper le palais de l’Elysée en 2007.

Depuis sa création, les gouvernements français successifs ont compté sur le Conseil français de culte musulman pour jeter des ponts avec la communauté musulmane.

A noter que le nouveau patron du CFCM avait créé en 2006 l’ « Union des démocrates turcs européens (UDTE)».

Pour le journal français Le Monde, Ahmed Ogras, considéré comme un personnage proche du président turc, Racep Tayyip Erdogan, n’est pas religieux mais un politique, ce qui suscite les craintes des officiels français de voir Ogras utiliser son poste pour s’opposer à la politique extérieure de la France à l’égard de la Turquie, d’autant plus que l’ UDTE aurait contribué en 2012  à la mobilisation contre la loi pénalisant la négation du génocide arménien.

Rappelons que l’Arménie accuse l’Empire ottoman (la Turquie actuellement) d’avoir commis un génocide contre le peuple arménien pendant la Première guerre mondiale.

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