Une course sans coureur pour la présidentielle de 2014 !
Aucune des personnalités politiquement fortes et éventuelles candidats à la prochaine présidentielle n’a osé jusqu’à présent annoncer officiellement sa candidature à ces échéances qui devraient intervenir dans 10 mois, à l’exception de l’ex-chef du gouvernement, Ahmed Benbitour.
Cette donnée n’a pas été sans effet sur la scène politique, dont la crédibilité de ces prochaines échéances semblent d’ores et déjà menacée car les élections présidentielles dans les pays démocratiques, ne se résument pas en une simple épreuve, mais lesquelles nécessitent beaucoup de temps et consentir d’importants efforts permettent aux candidats de se faire mieux connaître et d’expliquer leurs programmes. Cependant, malgré toutes ces données géopolitiques et les développements que connaît la région arabe, particulièrement le nord africain, les politiques algériens ne semblent pas préoccupées de ces questions, notamment les décideurs.
Jusqu’à quand l’Algérie restera-t-elle tributaire de la situation politique relevant du passé?
L’enseignant en Sciences politiques à l’Université d’Alger, Dr Salim Kelala trouve que le silence manifesté par les candidats connus dans le jargon politique actuel d’ «hommes forts» est un état maladif dont il fallait le diagnostiquer en disant: «Ce qui est une tradition dans les pays développés est que le candidat à la présidentielle doit être présenté un an au minimum avant le jour J». L’opération, selon Dr Kellala, commence par des élections primaires dans des grands partis devant mener à l’élection d’un candidat pour la présidentielle comme ce fut le cas aux États-Unis et en France à titre d’exemple. La classe politique est à l’origine de ce problème, a dit l’enseignant en Sciences politiques à l’Université d’Alger en estimant: « Le problème chez nous réside dans l’absence d’institutions partisanes au sens le plus noble du terme. Tous partis politiques forts se trouvent dans un état anormal, à l’image du FLN qui se trouve sans secrétaire général depuis près de six mois. Idem pour le RND. Tout comme le MSP qui vient d’élire son nouveau leadership… », a-t-il estimé. Et l’interlocuteur de diagnostiquer la situation: « L’institution partisane en Algérie est vulnérable et n’est pas soldée sur un socle fort. C’est ce qui a donné lieu à cet état anormal où il est devenu incapable de présenter un candidat à même de faire la différence ». Quant à la situation actuelle que traverse le pays, Dr Kelala estime que cela relève de la nature du régime en place qui tire ses origines du processus de succession au sommet de l’Etat. Ce qui constitue non seulement une surprise sur le plan local mais aussi sur le plan international. Pour étayer ses dires, Dr Kelala a cité en exemple la succession vers la fin des années 70 du défunt Chadli Bendjedid à Houari Boumediène en surprenant plus d’un, lui qui n’a pas été très connu. « Idem pour Liamine Zeroual et avant lui Mohamed Boudiaf, Ali Kafi et le président actuel Abdelaziz Bouteflika qu’aucun n’a imaginé de le voir au pouvoir », a-t-il ajouté. De l’avis de l’enseignant, la succession au sommet du pouvoir en Algérie demeure « une spécificité algérienne qui diffère totalement de ce qui est en vigueur dans les pays démocratiques ». Et de préciser: « Cette spécificité a des points positifs comme elle a de points négatifs. L’aspect positif est qu’elle maintient une certaine ambiguïté qui contribue à faire peur aux étrangers qui veulent du mal à l’Algérie, quant à l’aspect négatif, est qu’il ne laisse pas suffisamment de temps aux Algériens pour élire sereinement et démocratiquement leur président ». Bien que Dr Kelala souhaite que les décideurs changent de mécanismes entrant dans l’élection de présidents en optant pour plus de transparence et de démocratie, mais il prévoit que le prochain président sera élu de la même manière que ses prédécesseurs ont été portés au pouvoir.