Kamel Daoud accusé d’avoir exploité l’histoire d’une rescapée pour son roman “Houris”
Un prix littéraire prestigieux entaché par un scandale retentissant ! Le Goncourt 2024 a été décerné récemment à Kamel Daoud, romancier algérien, pour son livre » Houris « . Cependant, ce dernier fait face à de graves accusations.
Dans une interview exclusive diffusée sur la chaîne privée One tv, une victime de la décennie noir a dénoncé la récupération de son histoire dramatique par l’écrivain Kamel Daoud dans son livre « Houris » .
C’est dans un programme spécial intitulé « Houriette contre-enquête » qui dure 30 minutes, réalisé et présenté par le journaliste Younés Sabeur Cherif, qu’une jeune mère oranaise prénommée Saada Arbane, grande victime du terrorisme, qui a gardé visibles les séquelles de la tentative d’égorgement par une horde de terroristes dans les années 90, est venue dénoncer la récupération de son histoire par l’écrivain et surtout par sa femme qui n’était autre que sa psychiatre personnelle, qui l’a suivi depuis 2015.
Dans un français à peine audible, empreint de colère et de tristesse, les yeux pleins de larmes, Saâda Arbane a raconté son histoire, hier vendredi, à la chaîne « One TV ». Elle a découvert que le succès éclatant de Kamel Daoud avec « Houris » était en réalité basé sur les événements de sa propre vie, qu’elle avait partagés avec l’épouse de l’écrivain, psychologue, pendant des séances thérapeutiques visant à la soigner des traumatismes d’un crime atroce qu’elle avait subi il y a 25 ans, lorsque sa famille a été massacrée par un groupe armé dans un village près de Tiaret, alors qu’elle n’avait que six ans.
Dans l’interview donnée à la chaîne, Saâda Arbane, qui a miraculeusement survécu au massacre, a expliqué qu’elle souffre d’une blessure au niveau du cou, qui a sérieusement affecté ses cordes vocales. Son mari la soutenait activement, manifestant un grand engagement pour sa cause.
Arbane a déclaré que le roman n’était pas une œuvre de fiction, comme Kamel Daoud l’a affirmé dans les médias français, mais qu’il s’agissait de l’exploitation de son histoire personnelle sans son consentement. Pire encore, elle accuse le livre d’être une “violation du secret professionnel” de la part de l’épouse de l’écrivain, en exposant des conversations, des documents et des rapports médicaux qui confirment ses allégations.
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Née en 1993 à Djelfa, Saâda a raconté avec difficulté les détails de sa tragédie, qu’elle qualifie de presque insurmontable. Toutefois, elle a réussi à poursuivre sa vie et a accompli de grandes choses, comme devenir championne d’équitation.
Concernant la manière dont son histoire est parvenue à Kamel Daoud, Saâda a expliqué qu’elle ne connaissait pas l’écrivain, mais qu’elle avait commencé à consulter son épouse, psychologue, depuis 2015 dans le cadre de ses séances de thérapie.
Elle a ajouté que les événements relatés dans « Houris » correspondent parfaitement à sa propre histoire, notamment les cicatrices sur son visage, le tube respiratoire fixé à son cou, les tatouages sur son corps, la tentative d’avortement, le salon de beauté, le lycée Lotfi, la nature de sa relation avec sa mère, l’opération qu’elle devait subir en France et la pension qu’elle reçoit. Tous ces éléments sont présents dans le roman de Daoud, selon elle.
Saâda a aussi révélé que Kamel Daoud lui avait proposé à plusieurs reprises de transformer son histoire en livre, lors de rencontres familiales chez lui, mais elle avait fermement refusé. Elle a été choquée de découvrir récemment, par une amie en France, que des gens parlaient d’un livre qui racontait son histoire de façon étonnamment fidèle.
Suite à cela, Saada a décidé de confronter l’épouse de Kamel Daoud. Celle-ci s’est rendu chez-elle, apportant une copie du roman » Houris « , dédicacée par Kamel Daoud exprimant son admiration : « Notre pays a souvent été sauvé par des femmes courageuses, et tu es l’une d’entre elles, avec mon admiration « .
Cependant, ni Kamel Daoud ni son épouse n’ont encore réagi aux accusations formulées par Saada Arbane.