Violette Daguerre : « il ne faut pas juger deux fois Iman al Obeidi »
La présidente de la Commission Arabe des Droits Humains, le docteur Violette Daguerre, a révélé lundi au journal Echorouk que 45 000 personnes entre morts et disparus ont été enregistrées en Libye durant les 42 ans de règne de Mouammar Kadhafi.
Une étude réalisée récemment par la commission d’enquête envoyée par la Commission Arabe des Droits Humains en Libye, a révélé que 45 000 personnes ont été soient tuées soit portées disparues durant le règne de Kadhafi. Cette étude a dévoilé par ailleurs beaucoup de crimes commis par le régime libyen et qui ont été gardés secret durant de très longues années.
« Deux femmes libyennes nous ont contacté et nous indiqué qu’elles ont été violées par les hommes de Kadhafi. Ces femmes n’ont pas osé témoigner à la télévision de peur qu’elles soient accusées à deux reprises », a indiqué au journal Echorouk la présidente de la Commission Arabe des Droits Humains, le docteur Violette Daguerre. « La société libyenne est conservatrice, ainsi, si une femme révèle qu’elle a été violée, la société l’accusera une deuxième fois et portera atteinte à son honneur et à sa réputation», a-t-elle expliqué.
Dans le même contexte, le docteur Daguerre a appelé à ne pas juger Iman Al Obeidi à deux reprises, après qu’elle ait accusé 15 hommes de Kadhafi de l’avoir violée à tour de rôle durant deux jours. « Iman Al Obeidi a osé dénoncer son viol par les hommes de Kadhafi parce qu’elle a étudié le droit. Il n’est pas de son intérêt de mentir, c’est pourquoi il ne faut pas la juger deux fois », a souligné la présidente de la Commission Arabe des Droits Humains.
Dans le même sillage, elle a affirmé que les hommes de Kadhafi se sont contredits. En effet, d’un coté, la télévision libyenne officielle a annoncé que Iman Al Obeidi était une malade mentale et qu’elle était en état d’ivresse. D’un autre coté, le vice-ministre libyen des affaires étrangères a annoncé que quatre (4) personnes, dont le fils d’un haut officier de l’armée, ont été arrêtées pour avoir torturé et violé Iman Al Obeidi.
Le docteur Daguerre a enfin appelé les femmes libyennes qui ont été victimes de viols à contacter la CADH. Elle les prient d’envoyer à cette instance (CADH) des certificats médicaux qui attestent qu’elles ont été violées pour que la commission puisse poursuivre les auteurs de ces atrocités devant les tribunaux internationaux pour crimes contre l’humanité.