Vive tension au sein du sérail !
Le climat tendu qui prévaut à présent au sein des deux grands partis politiques au pouvoir (FLN-RND) rappelle la crise qui a frappé de plein fouet les deux partis en 2013, et qui a fini par l’éviction d’Abdelaziz Belkhadem et Ahmed Ouyahia.
Pour rappel, l’atmosphère était floue lors des dernières élections présidentielles d’avril 2014, d’autant plus que le président sortant, victime d’un AVC, s’est déclaré alors officiellement candidat à sa propre succession. Des analystes sont allés jusqu’à déclarer que le clan présidentiel était derrière la destitution des deux hommes au pouvoir de crainte qu’ils diraient leur mot lors de la présidentielle, voire de réserver une mauvaise surprise aux partisans du 4e mandat de Bouteflika.
Par la suite, il s’est avéré que les « sanctions politiques » infligées aux deux patrons du FLN et RND étaient plutôt tactiques et liées intimement à la présidentielle, d’autant plus qu’ils étaient chargés par le clan présidentiel de défendre la candidature du président sortant.
Comme tout travail est toujours payant, le clan présidentiel les a récompensés en nommant Ouyahia au poste de directeur de cabinet à la présidence de la République, et Belkhadem en tant que conseiller spécial du chef de l’Etat.
Deux ans et demi après la crise de 2013, un remake de la situation se profile car dès l’annonce par Saâdani de l’obtention d’autorisation de la tenue du 10e congrès du parti, une guerre de communiqués et de déclarations s’est déclenchée et l’opposition s’est violemment agitée et promise de perturber les travaux du CC prévus fin de ce mois en cours.
Outre Saâdani, le secrétaire général du RND, Abdelkader Bensalah n’est pas non plus épargné par les mouvements de contestation menés par les poids lourds du parti, à l’image de l’ancien ministre de l’Industrie, Chérif Rahmani, ancien ministre de l’Education, Boubekeur Benbouzid, ancien secrétaire général de l’Organisation des enfants de moudjahidine, Khalfa Mebarek…
Si la désignation de Saâdani à la tête de l’ex-parti unique n’a cessé de susciter des contestations, Bensalah, quant à lui, ne s’est jamais heurté à une opposition de telle envergure depuis sa succession à Ahmed Ouyahia. En effet, ça risque de faire beaucoup de bruit d’autant qu’elle intervienne parallèlement avec la tenue du 10e congrès du FLN.
Des observateurs estiment, à la lecture des développements survenus sur la scène politique, qu’il existerait des points de divergence au sein du sérail, notamment au sujet de la révision constitutionnelle qui semble être la pomme de discorde entre différentes parties.