Voici les messages de l’Algérie lors du sommet UA-UE
La désignation du Premier ministre, Ahmed Ouyahia pour représenter le chef de l’Etat au 5e sommet UA-UE qui s’est tenu à Abidjan en Côte d’Ivoire, et sa poignée de main avec le roi du Maroc, Mohamed VI ne sont que des messages selon lesquels les relations bilatérales ne supportent plus davantage de tension.
D’ailleurs, la participation d’Ouyahia à cette réunion survenue dans un contexte très tendu entre Alger et Rabat aurait permis de mettre à l’abri les deux pays d’une nouvelle querelle, d’autant plus que l’empoignade entre le Premier ministre et le souverain chérifien aurait également favorisé le “désamorçage” temporaire d’une bombe qui risque d’éclater à tout moment.
En effet, le sommet était précédé de vives polémiques non déclarées entre le Maroc, la Côte d’Ivoire et la France d’un côté, l’Union africaine, l’Algérie et la République sahraouie d’un autre. Sachant que les autorités marocaines auraient magouillé pour empêcher le Sahara occidental d’y prendre part, ce qui aurait pu enclencher une crise gravissime, dont les répercussions pourraient s’étendre au-delà du continent africain.
Notons que les velléités de Maroc pour écarter le Front Polisario ont voué à l’échec, mais en dépit de cela certains auraient redouté de voir El Makhzen créer une nouvelle crise factice qui aurait pu éventuellement gâcher le rendez-vous; lui qui en a l’habitude, entre autres l’incident de mai dernier aux Caraïbes, le refus de Chergui Smaïl, commissaire de paix et à la sécurité de l’Union Africaine de serrer la main de Mohamed VI lors du sommet d’Addis-Abeba en janvier dernier et puis les propos du MAE, Abdelkader Messahel sur le trafic de “haschich”.
Ainsi, la désignation d’Ouyahia ne serait pas fortuite dans la mesure où ce dernier est connu pour son tempérament calme.
Au cours du sommet, les autorités algériennes auraient voulu rappeler à coup sûr les efforts consentis en matière de la lutte contre le terrorisme, notamment les 100 millions de dollars d’aides financières qu’elles aient accordées aux pays du Sahel, à savoir le Tchad, le Niger, le Mali ainsi que la Mauritanie.
Un montant qui dépasse d’ailleurs celui débloqué dans ce sens par les pays européens réunis (50 millions de dollars) en huit ans.
Rappelons que certains pays européens, à leur tête la France, se seraient efforcés d’impliquer l’Algérie dans une intervention militaire dans le Sahel.
L’intervention d’Ouyahia, à ce propos, se veut en vérité une réponse -à ceux que cela pourrait intéresser- selon laquelle l’Algérie savait pertinemment comment assister les pays du Sahel afin de faire face au phénomène du terrorisme.
Si la déclaration d’Ouyahia concerne en premier lieu la France, elle concerne tout de même le Maroc qui en dépit du fait qu’il n’ait pas de liens régionaux avec le Sahel, mais il ne cesse de tenter de rivaliser avec l’Algérie qui, depuis une décennie, continue de réunir les chefs d’État-major de la région à Tamanrasset, et de leur attribuer des aides d’ordres financière, logistique et technique.