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Walter Gehr: « 40 États gèlent les avoirs des parties accusées de soutien au terrorisme estimés à 100 millions de dollars »

الشروق أونلاين
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L’Autrichien Walter Gehr, le chef de la section des services de lutte contre le terrorisme de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Undoc) est revenue lors de cette interview sur les problèmes techniques et financiers et mêmes politiques qui ont fait que les efforts déployés au plan international ne réalisent pas complètement les objectifs escomptés.

Echorouk : Ne trouvez-vous pas que la communauté internationale demeure incapable d’œuvrer de manière effective et durable dans sa lutte contre le terrorisme. Sa réaction semble être circonstancielle après notamment les attentats du 11-Septembre 2001 qui ont secoué les États-Unis ?

Walter Gehr : Sans aucun doute les attentats du 11-Septembre 2001 qui ont visé le WTC (World Trade Center) aux États-Unis et le poids de ce dernier sur le plan international ont été derrière l’action internationale menée  pour la lutte antiterroriste. Si nous revenons au premier texte référentiel international, nous évoquerons la résolution 1373 du 28 septembre 2001 et les mesures qui ont été prises, nous dirons que cette résolution s’est interprétée par la conjugaison des efforts internationaux pour la lutte contre le terrorisme.

La résolution a effectivement appelé les membres permanents de l’Onu à mettre en œuvre une série de mesures visant le renforcement de leurs capacités afin de faire face aux activités terroristes, la criminalisation du financement des groupes terroristes, échange des informations entre les gouvernements, la coopération en matière des enquêtes sur les actes terroristes et à l’arrestation, l’extradition et la traduction des auteurs des actes terroristes devant la justice.   

Cette résolution appelle également les États à rejoindre les accords et conventions juridiques portant sur la lutte contre le terrorisme.   

Echorouk : Quelles sont les entraves directes  rencontrées par la Commission onusienne dans la mise en œuvre de ses programmes ? Serait-il une lacune dans sa structuration ou un problème de suivi ?

Walter Gehr : Personnellement, je cite deux sérieux problèmes qui entravent la commission onusienne dans la mise en œuvre de ses programmes en matière de lutte contre le terrorisme.  

Le 1er problème est de nature financière car les engagements des donateurs internationaux étaient sans véritables objectifs.

Le 2e concerne les nouvelles  institutions et organisations régionales et internationales qui ont été créées et qui jouent un même rôle. Ceci m’incite à dire que ces problèmes ont affaibli de manière ou d’une autre les efforts déployés par la commission onusienne pour la lutte antiterroriste.  

Echorouk : Selon vous, quelles sont ces institutions qui ont affaibli  les efforts internationaux dans la lutte antiterroriste ?

Walter Gehr : Je cite une seule organisation pour ne pas citer plus. Le groupe du travail émanant de groupe G8, à titre d’exemple, qui a tenu une réunion au Mali pour la coordination des efforts des États du Sahel dans la lutte contre le terrorisme. Le G8, faut-il le souligner, contient d’importants donateurs internationaux qui financent les programmes onusiens en matière de lutte antiterroriste. Ce qui veut dire que le Groupe envoie ses soutiens financiers à des parties au détriment de ses engagements signés avec la Commission onusienne.   

Echorouk : Prenons par exemple la mission de la commission en matière de lutte contre le financement des groupes terroristes. Qu’est-ce qui a été réalisé sur le terrain à ce sujet ?

Walter Gehr : Le Conseil de sécurité de l’Onu a élaboré une liste de plus de 500 individus et organisations accusés de soutien aux terroristes. Par conséquent, près que 40 États ont procédé au gel des avoirs de ces mis en cause dont le montant avoisine les 100 millions de dollars US. 

 

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