Yémen: accrochages armés à Taëz, marche de protestation à Sanaa
Des accrochages ont eu lieu samedi à Taëz, dans le sud-est du Yémen, tandis qu'à Sanaa une marche de protestation a été organisée, au lendemain de la mort de 15 civils dans la répression de manifestants, ont indiqué des témoins.
Des échanges de tirs ont eu lieu dans le quartier d’Al-Hassab à Taëz entre les forces gouvernementales et des combattants tribaux, qui soutiennent les protestataires réclamant le départ et la poursuite en justice du président Ali Abdallah Saleh, ont ajouté les témoins sans faire état de victimes.
Un appel à la grève générale, lancé par de jeunes protestataires, a été suivi dans plusieurs quartiers de Taëz, notamment sur l’avenue Jamal, principale artère commerciale de la ville, où les commerces ont baissé leurs rideaux, selon des militants.
En outre des milliers de personnes, rassemblées place de la Liberté, épicentre de la contestation à Taëz, ont participé à une marche de protestation contre les bombardements meurtriers de la veille, selon des habitants.
Une marche similaire a eu lieu samedi à Sanaa où des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans plusieurs quartiers avant de regagner dans le calme la place du Changement, épicentre de la contestation.
L’armée avait bombardé vendredi à l’artillerie lourde un rassemblement anti-régime à Taëz, faisant quinze morts dont des femmes et des enfants, et une quarantaine de blessés, selon des sources médicales.
L’escalade de la violence à Taëz a coïncidé avec la nouvelle mission de l’envoyé de l’ONU au Yémen, Jamal Benomar, qui tente une nouvelle fois d’amener le pouvoir et l’opposition à conclure un accord sur une transition politique, prévue par un plan de sortie de crise proposé par les monarchies du Golfe.
Ce plan prévoit la démission du président Saleh, au pouvoir depuis 33 ans, en échange d’une immunité pour lui-même et ses proches.