Yémen : échec des contacts avec l'opposition
Après avoir refusé la veille de recevoir des représentants de l'opposition, le vice-président du Yémen, Abd-Rabbou Mansour Hadi, les a rencontrés lundi dans l'espoir de sortir le pays de son impasse politique mais ce contact n'a apparemment rien donné.
Après six mois de manifestations de rue visant son départ après 32 ans de pouvoir à Sanaa, le président Ali Abdallah Saleh a été blessé à la tête et au torse par un explosif dans son palais et récupère actuellement dans un hôpital de Riyad.
En dépit de fortes pressions internationales et régionales, Saleh – dont le pays est en proie à des manifestations pour la démocratie, une rébellion chiite au Nord, une insurrection séparatiste au Sud et un activisme croissant d’Al Qaïda – a rejeté toutes les offres de sortie honorables du pouvoir.
Un opposant qui a participé aux discussions avec le vice-président, qui avait la veille refusé de discuter avec l’opposition d’un transfert pacifique du pouvoir, a déclaré avoir discuté vainement du plan du Conseil de coopération du Golfe (CCG) prévoyant l’effacement politique de Saleh en échange de l’immunité pour lui et ses proches.
Saleh est, par trois fois, revenu sur son acceptation de cet accord, qui prévoit son départ dans un délai d’un mois en échange d’une immunité pour lui-même et son entourage.
Depuis le départ de Saleh en Arabie Saoudite après l’attaque du 3 juin sur son palais, qui a tué sept militaires et blessé le Premier ministre, son adjoint et les présidents des deux chambres du parlement, un cessez-le-feu de facto règne à Sanaa.
Plus de 200 personnes ont trouvé la mort et des milliers d’autres ont fui la capitale après les violents affrontements entre les forces loyalistes et celles du cheikh Sadek al Ahmar, le puissant chef tribal qui a lâché il y a deux semaines Saleh pour prendre fait et cause pour l’opposition. Selon ce dernier, les combats ont fait 100 morts et 325 blessés.
Selon les médias officiels, l’armée régulière a perdu six hommes et tué 21 membres d’Al Qaïda, dont 18 dans la ville de Zindjibar, capitale de la province d’Abyane, sur la côte sud, ainsi qu’à Laoudar, autre ville tombée aux mains des djihadistes. Au moins 10.000 personnes ont fui vers Aden et ce chiffre pourrait quadrupler cette semaine, a annoncé l’Unicef.
A Taëz, également dans le Sud, de nouveaux combats ont été signalés lundi entre les forces régulières et des insurgés qui ont détruit plusieurs véhicules blindés de l’armée, rapporte une source locale.