Yémen : trois morts dans des manifestations
Au Yémen, trois personnes ont été tuées par balles, lundi, lors de deux manifestations, selon des sources médicales et de l'administration locale.
Deux personnes sont mortes et quatre autres ont été blessées après avoir été atteint par balle lors d’une manifestation à Taëz, la deuxième plus grande ville du Yémen, située à 200 km au sud de Sanaa et devenue un épicentre de la contestation contre le régime du président Ali Abdallah Saleh. Les organisateurs de la manifestation affirment que des milliers d’enseignants ont observé un sit-in devant l’administration régionale du ministère de l’Éducation pour défendre des revendications salariales et lancer un appel à un report des examens de fin d’année. Selon eux, les forces de sécurité ont lancé des bombes lacrymogènes et tiré à balles réelles pour disperser la manifestation. Une source médicale a précisé que des dizaines de manifestants souffrent de problèmes respiratoires en raison du gaz lacrymogène.
À Zaydia, dans la province de Hodeïda, sur la mer Rouge, un jeune homme de 21 ans a également été tué par balle et deux autres personnes ont été blessées lors d’une manifestation. Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles pour disperser des milliers de manifestants qui protestaient contre une pénurie de produits pétroliers et de gaz domestique, qui dure depuis une semaine, selon des sources de l’administration locale. Cette pénurie touche la plupart des régions du Yémen, théâtre depuis fin janvier d’un large mouvement de protestation réclamant le départ du président Saleh. Plus de 150 personnes sont mortes dans la répression des manifestations.
Ultimatum sur le plan de sortie de crise
L’opposition yéménite a averti dimanche qu’elle appuierait le « choix du peuple » qui refuse le plan de sortie de crise des monarchies du Golfe si le président Saleh n’acceptait pas de le signer « dans les deux prochains jours ». Le plan de sortie de crise du Conseil de coopération du Golfe (CCG) prévoit le départ du président Saleh dans un délai d’un mois. Il garantit l’immunité à Saleh et à son entourage, y compris à des proches dirigeant les forces de sécurité. Il prévoit aussi que Saleh nomme un Premier ministre issu de l’opposition pour diriger un gouvernement de transition. Ce dernier devra alors organiser une élection présidentielle dans les 60 jours suivant le départ du président et élaborer une nouvelle Constitution qui sera soumise à un référendum. Le plan a été approuvé par l’opposition yéménite et le parti au pouvoir, mais le président refuse de le signer.