20 millions d'armes circulent en Libye
Plus de 20 millions d’armes automatiques sont tombées, soit entre les mains des rebelles ou des terroristes d’Al Qaïda au Maghreb Islamique, à la faveur de l'insurrection populaire qui secoue la Libye. Un développement inquiétant qui pourrait contribuer à la détérioration de la situation sécuritaire dans la région du Sahel…
Le vide sécuritaire et l’anarchie qui se sont installés en Libye après le début des combats entre les rebelles et les pro-Kadhafi et les attaques des dépôts d’armes a fait que plus de 20 millions armes de différents genres ont été récupérées soit par les rebelles soit par Al Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi). Ce très important nombre de pièces d’armes qui circule en Libye pose un grand problème dans ce pays mais également dans la région du Sahel d’une manière générale. Selon des experts sécuritaires, la crise libyenne offre une opportunité à Aqmi de s’implanter plus que jamais dans la bande sahélo-saharienne. Il est très difficiles de contrôler la circulation des ces armes, et plus difficiles encore de les empêcher de tomber entre les mains des terroristes d’Al Qaïda au Maghreb Islamique qui activent dans plusieurs pays du Sahel.
Dans l’arsenal de guerre tombé aux mains d’Aqmi, on compte notamment des missiles Sa-7, des lance-roquettes, des lance-grenades antichar RPG-7, des fusils d’assaut Kalachnikov, des explosifs et des munitions, et de nombreux véhicules militaires de transport. Selon des sources concordantes, ces armes qui circulent dans la nature représentent une véritable menace sécuritaire pour l’Algérie et pour d’autre pays de la région comme le Niger et le mali. Il n’est secret pour personne que Aqmi est présente avec force dans cette région d’Afrique. D’ailleurs des terroristes de cette organisation criminelle ont affirmé l’existence de réseaux de trafic d’armes en Libye. Ces réseaux fournissaient durant les années quatre-vingt-dix différents types d’armes aux terroristes en contrepartie d’importante sommes d’argent .
« L’Algérie s’inquiète de la présence de plus en plus forte d’Aqmi en Libye et du trafic d’armes pouvant être utilisées par des groupes terroristes », a déclaré Abdelkader Messahel, le ministre délégué auprès du MAE, chargé des Affaires africaines et maghrébines , lors d’une conférence de presse organisée le mardi 5 avril à Tamanrasset. « Aqmi pourrait avoir accès à des armes lourdes et sophistiquées », a-t-il expliqué. « Tout le monde, pas seulement nous, a remarqué que d’importantes quantités d’armement sont utilisées en Libye. Si cette situation se poursuit, elle pourrait contribuer à la détérioration de la situation dans la région du Sahel », a-t-il conclu.