200 blocs opératoires paralysés, 28 milles interventions chirurgicales reportées
200 blocs opératoires paralysés, 28 milles interventions chirurgicales ajournées, voila à quoi ressemble un peu le bilan, plutôt la conséquence du durcissement de la grève menée par les praticiens de la santé et les médecins en Algérie. Ce bilan peu reluisant est confirmé par le docteur Elias Merabet, président du syndicat national des praticiens de la santé public (SNPSP).
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Ce dernier a confirmé que les lits des hôpitaux sont quasiment désertés par les patients. Pour cause, le mouvement de protestation mené par le Snpsp a pratiquement paralysé les établissements sanitaires à travers le territoire national. «28 milles interventions chirurgicales sont reportées depuis 7 semaines à causes de la grève observé par les médecins, mais également les blocs opératoires sont quasiment à l’arrêt.», affirme encore le docteur Merabet, et d’ajouter que tous les patients opéré avant la grève ont quitté l’hôpital, laissant ainsi leur place vide, mais ils n’ont pas été remplacé par d’autre malades, pourtant la liste d’attente des interventions chirurgicales est assez surchargée. Notre interlocuteur soulignera à Echourouk que pas moins de 200 blocs opératoires répartis sur 300 hôpitaux sont à l’arrêt total.
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Ces structures, renchérit le premier responsable du SNPSP, dans une situation de travail normal, assurent entre 4 et 5 interventions chirurgicale par jours, tout en sachant que l’activité en dehors des urgences est programmé à 4 jours par semaine, ce qui porte le chiffre à 16 à 20 interventions par semaine, au moment où à travers le territoire national, 4000 interventions sont effectuées en dehors du cadres des urgences. Mais avec le mouvement de protestation des médecins et de tout le corps médical, et ce depuis le 4 janvier dernier, il est à déplorer que pas moins de 4000 opérations ont été ajourné à une date ultérieure.
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Sur ce registre, le premier ministre M. Ahemd Ouyahia a déclaré que ce sont des partis politiques qui sont les instigateurs et meneurs de toute cette panoplie de grève dans différents secteurs. Cette déclaration a soulevé l’ire et l’indignement du syndicat national des praticiens de la santé publique. « C’est inadmissible ce qu’a déclaré le premier ministre. Il aurai dû s’inquiéter sur le sort des patients qui attendent depuis 7 semaines, et pas de ceux qui mènent la protestation », s’est-t-il indigné, avant d’ajouter : « hélas ! ce qui intéresse Ouyahia est qui est derrière tout cela, et pas le sort des malades ».
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Toutefois, Dr Merrabet affirme que le service minimum est garanti, et les interventions urgentes sont assurées jusqu’au présent. Plus loin, le syndicat se dit s’attendre à une réaction plus audacieuse du premier ministre en défendant les médecins où au moins la santé des citoyens, mais le moins que l’on puisse dire des déclarations du premier ministre, ajoute encore le président du syndicat, « Ces déclarations sont très dangereuses, et ce n’est que de la poudre aux yeux pour détourner l’opinion nationale». « C’est pour cela nous disons à Ouyahia que notre action est menée suivant la loi 14-90, tout en respectant les précautions d’usage et le service minimum…notre grève n’est ni d’ordre politique ni partisane, et nous dénonçons avec amertume le manque flagrant de dialogue et de débat entre les acteurs de la société…nous défions Ouyahia d’apporter des preuves que notre mouvement a un lien avec un parti politique où une quelconque tendance partisane, car la loi est claire la dessus », a clamé haut et fort le président du SNPSP.
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Pour les partis politiques qui se sont manifesté ouvertement pour soutenir le mouvement de grêve des médecins, Merrabet répond à Ouyahia en insistant sur le fait que « ces partis ne sont pas de l’opposition, mais ils sont bel est bien du cercle gouvernemental, à l’image du PT, mais aussi du RCD, ainsi que le MSP qui fait partie de l’alliance présidentielle et qui a demandé au premier ministre en personne de régler le problème qui ne fait que perdurer avec l’entêtement des uns, et l’indifférence des autres. Mais ce qui est important de signaler est que le seul perdant et le maillon faible dans ce bras de fer, n’est que le pauvre citoyen, qui voit ses jours se compliquer encore davantage avec ce nouveau épisode.