80.000 soldats français ont servi en Algérie après l’indépendance !
Les questions écrites des membres du sénat et de l’Assemblée nationale français destinées au secrétaire d’Etat aux Anciens combattants ont révélé que 80.000 soldats français ont servi en Algérie du 3 juillet 1962 jusqu’au 1er juillet 1964, ajoutant que 535 militaires français se seraient tués ou portés disparus en Algérie après l’indépendance.
Les tâches qui leur seraient confiées alors étaient d’exercer au niveau des sites d’essais nucléaires ainsi que dans la base de Mers El Kébir à Oran.
A travers des dizaines de questions écrites, les intervenants réclament l’attribution de la carte d’ancien combattant aux militaires et soldats françaises ayant travaillé en Algérie après l’indépendance, sachant que le projet de budget prévoit l’attribution de la carte de combattant à compter du 1er octobre à tous les militaires ayant servi pendant au moins quatre mois en opération extérieure.
Les intervenants ont justifié cette démarche par le fait que les autorités françaises aient déployé près de 80.000 soldats en Algérie entre le 3 juillet 1962 et le 1er juillet 1964, soit après la guerre, dont 535 soldats français se seraient tués ou portés disparus. Ce qui renseigne, selon eux, de la nature des missions dangereuses qui leur étaient confiées.
Contacté par nos soins, l’historien Mohamed El Korso a fait savoir qu’il a été décidé conformément aux Accords d’Evian de maintenir des soldats français en Algérie pour une période transitoire et cruciale.
Selon El Korso, les soldats en question exerçaient dans la base navale de Mers El Kébir à Oran ainsi que sur les sites d’essais nucléaires, tandis que bon nombre de militaires, experts et techniciens ont servi à Reggane et au Sud algérien.
A cet effet, l’historien s’est interrogé sur les motifs et le timing choisi qui n’est pas fortuit, selon lui. « Pourquoi ces soldats ont été oubliés lors de la loi de 2005 glorifiant le colonialisme? Pourquoi l’on évoque cette question actuellement? », se demande-t-il, ajoutant qu’il y aurait éventuellement un lien avec ce qui se passe en France tant au plan politique que sécuritaire. « Je pense que la question est instrumentalisée politiquement surtout à l’occasion des élections régionales et la montée en puissance de l’extrême-droite», poursuit-il.