L'ancien chef des services secrets français pour Echourouk: “Oui, les entreprises françaises, notamment Areva, ont payé une rançon aux groupes terroristes”
L’ancien directeur de la Direction de la Surveillance du Territoire des services de renseignements français, Yves Bonnet confirme dans l’entretien accordé au quotidien Echorouk l’existence d’institutions qui ont payé des rançons aux groupes terroristes. La société française Areva, en est un exemple selon M. Yves Bonnet.
Quel commentaire faites-vous sur la fiabilité de l’information fournie par l’ancien ambassadeur américain au Mali sur le paiement des rançons aux groupes terroristes?
Je ne connais pas le responsable américain, ni les données la concernant, mais dans le passé j’en suis sûr que des rançons ont été payées aux groupes terroristes pour la libération des ressortissants, et cet acte ne profitera qu’au financement des groupes terroristes. Pour la société française “Areva”, elle a accepté de payer des rançons aux groupes terroristes pour libérer ses employés, parce que l’exploitation de l’uranium dans ces régions (Niger), n’est pas une mince affaire pour maintenir ses employés. Car dans le cas contraire “Areva” est appelée à disparaître. Qui sont les travailleurs qui accepteront d’aller dans ces zones ? Même si la société elle-même paye la rançon, elle s’est déroulée à l’insu du gouvernement français. Car la position officielle française sur la question du paiement de rançons et claire, la France refuse catégoriquement de payer des rançons aux groupes terroristes et c’est ce qu’a déclaré le ministre de la Défense Jean-Yves Ledrian.
Quelle lecture en faites-vous?
Je précise encore une fois que je ne connais pas la responsable américaine, mais le calendrier des remarques est totalement inappropriées, je peux dire que les informations fournies par le responsable concerné sont des informations privées prévenues des services de renseignements américains. Il faut tenir compte de ces déclarations et l’écart des points de vue entre Paris et Washington dans la crise financière.
Qu’en est-il sur la proposition de l’Algérie à cet effet au niveau de l’Onu?
L’initiative de l’Algérie criminalisant le paiement de rançons aux groupes terroristes est une théorie, tout le monde dénonce cet acte, mais les cas de prise d’otages est perplexe. Sur le plan humain, c’est très difficile à gérer. Elle est soumise à plusieurs considérations. L’armée française, par exemple, en essayant de trouver une solution à la crise des otages dans le nord du Mali, sans égard à leur nationalité. Les opérations militaires actuellement menées dans ces regions sont dans une bonne courbe de l’élimination totale des groupes armés qui ont causé cette crise.
Compte tenu de la situation actuelle, pensez-vous il y a encore une possibilité de dialogue comme solution à la crise?
Pour moi, la solution à la crise passe par le dialogue. Possible, il y a des partis avec qui négocier. Je veux dire le Mouvement national pour la libération du Azawad, et en retour on ne peut pas négocier avec d’autres groupes comme Al-Qaida au Maghreb islamique ou le mouvement Tawhid et Jihad. L’approche prudente dans la résolution de la crise en Algérie par exemple, en traitant avec certaines des parties de groupes armés, en l’occurrence l’AIS avec le général Ismaïl Lamari. Dont les aboutissements étaient le dépôt des armes, mais elle n’a pas traité avec le GIA parce qu’il ne voulait pas le dialogue.
Comment voyez-vous le rôle de l’Algérie?
L’Algérie a un rôle très important dans la résolution de la crise financière dans toute la région. La région du Sahel ne peut aspirer à la stabilité sans l’intervention de l’Algérie. Et aussi la région ne peut assurer sa stabilité sans le développement, qui est une condition sine qua non.