Dans l'attente d'une trêve à Ghaza
Les hostilités se poursuivent mercredi entre Israël et Ghaza, marquées par des bombardements meurtriers sur l’enclave palestinienne, sur fond de tractations diplomatiques pour arracher une trêve.
Depuis le lancement de l’opération “Pilier de défense ” contre les groupes armés du territoire palestinien, mercredi dernier, 135 Palestiniens ont été tués et un millier blessés dans les raids aériens sur l’enclave palestinienne. Cinq Israéliens, dont un soldat, ont péri dans des tirs de roquettes. Le représentant palestinien auprès de l’ONU, Riyad Mansour, a lui fait état de plus de cent quarante morts et de plus de neuf cent cinquante blessés dans la bande de Gaza.
L’armée israélienne a affirmé qu’elle avait visé dans la nuit de mardi à mercredi “plus de cent sites terroristes” à travers la bande de Ghaza, dont la moitié d’entre eux étaient des lanceurs de roquettes souterrains. Un porte-parole de l’armée a précisé que depuis minuit, douze roquettes tirées depuis Ghaza avaient touché le sud d’Israël et sept autres avaient été interceptées. Depuis une semaine, 830 roquettes de Ghaza ont atterri en Israël et 390 ont été détruites par le système antimissile “Iron Dome”.
“PROMOUVOIR LA STABILITÉ RÉGIONALE”
Arrivée mardi soir à Jérusalem, la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, s’est entretenue avec le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahu, et a assuré que l’engagement des États-Unis pour la sécurité d’Israël était “fort comme un roc et inébranlable”. “C’est pourquoi je pense qu’il est essentiel d'[obtenir] une désescalade de la situation à Ghaza”, a affirmé Mme Clinton durant une brève conférence de presse, mais sans faire référence aux négociations en cours pour obtenir une trêve entre l’armée israélienne et des groupes armés palestiniens.
La chef de la diplomatie américaine, qui était au Cambodge, où elle participait à un sommet asiatique avec le président Barack Obama , a été dépêchée en urgence en Israël. Mme Clinton a exigé que “les tirs de roquette des organisations terroristes de Ghaza contre les villes cessent et que le calme soit rétabli”. Elle a également plaidé pour “promouvoir la stabilité régionale ainsi que la sécurité et les aspirations légitimes des Israéliens et des Palestiniens”.
La secrétaire d’ État rencontre mercredi matin à Ramallah, en Cisjordanie, le président palestinien, Mahmoud Abbas, avant de s’envoler vers Le Caire pour des pourparlers avec le président égyptien, Mohamed Morsi, selon le département d’ État. L’ Égypte est au cœur des efforts internationaux pour ramener le calme dans l’enclave de Ghaza, contrôlée par le Hamas, cible depuis mercredi d’une nouvelle offensive israélienne contre les groupes armés palestiniens qui tirent des roquettes sur Israël.
ESPOIR D’UNE TRÊVE RAPIDE
Egalement en visite en Israël, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, avait estimé plus tôt qu’une “escalade supplémentaire” dans le conflit serait “un désastre pour la région”. M. Ban doit se rendre également à Ramallah mercredi.
Au Caire, le président Mohamed Morsi “espère” qu’une trêve surviendra “bientôt” dans le conflit, a déclaré mardi soir une source à la présidence, nuançant de précédentes déclarations du chef de l’Etat égyptien, qui affirmaient que “l’agression” israélienne contre Ghaza allait “cesser aujourd’hui”. Le président américain, Barack Obama, a remercié son homologue égyptien pour ses efforts en faveur d’une “désescalade” au Proche-Orient.
Le Hamas a toutefois tempéré mardi soir les rumeurs sur l’imminence d’une trêve avec Israël, soulignant qu’elle ne pourrait être annoncée que par l’Egypte et appelant les groupes armés palestiniens à “continuer à riposter aux crimes israéliens”. Plusieurs responsables égyptiens ont affirmé dans le même temps attendre une réponse israélienne à une proposition du Caire pour une trêve.