Abdelhalim Khedam : « le peuple syrien veut le départ du régime »
Les reformes décidées et annoncées par le régime syrien ne sont pas des revendications du peuple. La dictature ne peut offrir à son peuple que la répression, la corruption et l’injustice sociale et économique.
Abdelhalim Khedam, l’ancien conseiller du président syrien Bachar el Assad au journal Echorouk
Echorouk : est ce que les solutions proposées par le régime sont capables d’absorber la colère de la rue syrienne?
Abdelhalim Khedam : les reformes décidées et annoncées par le régime syrien ne sont pas des revendications du peuple. La dictature ne peut offrir à son peuple que la répression, la corruption et l’injustice sociale et économique. Le peuple réclame le changement du régime. Tout ce qui est arrivé en Syrie c’est à cause de la répression pratiquée par le dictateur.
Echorouk : que pensez-vous de l’annonce faite sur une éventuelle levée de l’état d’urgence ?
Abdelhalim Khedam : Quand le président parlait de l’abrogation de la loi portant sur l’état d’urgence et lie ceci à la création d’une commission chargée de la loi de lutte antiterroriste, cela veut dire que la situation serait pire en Syrie. Ceci n’est en fait qu’une manière pour le régime pourgagner du temps. En plus de cela, comment peut on parler de libertés alors que le régime est basé sur les services de sécurité ?
Echorouk: Le régime syrien compte ouvrir le champ politique à de nouveaux partis, qu’en pensez-vous de cela ?
Abdelhalim Khedam : Les nouveaux partis politiques seront de la même nature que ceux qui existent en ce moment sur la scène politique syrienne. Ces partis ne sont en réalité que l’ombre du système en place. Ces partis sont utilisés pour la fraude lors des différentes élections. Des études ont montré que le taux de participation aux dernières élections en Syrie n’était que de 5 % dans les grandes villes du pays et de 15 % dans les régions rurales. Depuis 11 années de règne Bachar el Assad a fait plusieurs promesses de reformes, mais il n’a rien fait. Le peuple ne fait plus confiance au régime en place et ne souhaite que son départ.