Afghanistan : les deux otages français libérés
Les journalistes français de France 3 Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, détenus en otages depuis dix-huit mois en Afghanistan, ont été libérés mercredi, ont annoncé les autorités françaises.
Les deux journalistes, qui ont pu rejoindre la base militaire française de Tagab, devaient être acheminés par hélicoptère vers l’ambassade de France à Kaboul.
Ils sont attendus jeudi matin à l’aéroport de Villacoublay, près de Paris, selon France 3. Nicolas Sarkozy sera sur place pour les accueillir, précise la chaîne.
De nombreux responsables politiques et proches des deux ex-otages ont aussitôt exprimé leur soulagement. L’annonce de leur libération est intervenue au moment où se tenait à Paris un rassemblement pour leurs 18 mois de détention.
“On est passé des larmes au rire, c’est magique”, a raconté Florence Aubenas, la présidente du comité de soutien.
Les deux Français “sont en bonne santé”, a déclaré François Fillon sous les applaudissements des députés à l’Assemblée nationale. “Ils seront dans quelques heures sur le territoire français”, a précisé le Premier ministre.
Nicolas Sarkozy a remercié le président afghan Hamid Karzaï pour “la gestion de cette crise ainsi que tous ceux qui ont participé à la libération des otages”, a indiqué l’Élysée.
FILLON LANCE UN APPEL POUR LES AUTRES OTAGES
“Le Quai d’Orsay m’a appris la nouvelle vers 15 heures. Je n’y crois pas encore. Je n’y croirai que quand je verrai mon fils demain à 8 heures”, a déclaré Gérard Taponier, le père de Stéphane.
Les journalistes avaient été enlevés dans la vallée de Kapisa, au nord-est de Kaboul, où ils effectuaient un reportage.
Leur détention est la plus longue pour des journalistes français depuis la crise des otages au Liban, dans les années 1980. Les autorités françaises ont à plusieurs reprises cru pouvoir annoncer leur libération imminente avant de devoir déchanter, les négociations se révélant très complexes.
La dernière preuve de vie connue des deux hommes, un enregistrement vidéo, datait de novembre 2010.
“Cette libération nous fait penser à tous les Français qui sont encore retenus en otages, au Sahel, en Somalie, au Yémen, nous allons œuvrer avec la même détermination pour obtenir leur libération et j’en profite pour lancer un appel à ceux qui les détiennent”, a déclaré François Fillon.
Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières, a précisé à Reuters que Nicolas Sarkozy avait téléphoné à Béatrice, la compagne d’Hervé Ghesquière, pour lui annoncer la nouvelle alors qu’elle participait au rassemblement de Paris.
“C’est un énorme soulagement et une satisfaction de les voir libérés. Je veux féliciter tous sont qui ont contribué à cette situation, à ce soulagement”, a dit François Hollande, député PS, candidat aux primaires.
“Quand il s’agit de la vie de nos concitoyens qui sont détenus loin – il y en a encore – il n’y a aucun clivage politique qui peut valoir”, a-t-il ajouté.
“Loin de moi l’idée de dénigrer tel ou tel effort du gouvernement mais il y a un contexte international qui a facilité cette libération, avec notamment l’annonce du retrait des troupes françaises d’Afghanistan”, a estimé Ségolène Royal, également candidate aux primaires.