Algérie Télécom: deux entreprises chinoises auraient versé des pots-de-vin!
La Cour d’appel d’Alger a décidé le report au 15 octobre prochain du procès de l’affaire d’Algérie Télécom dans laquelle seraient impliqués l’homme d’affaires algéro-luxembourgeois, Chani Mejdoub, et l’ex-conseiller au ministère de la Poste, Mohamed Boukhari ainsi que deux entreprises chinoises de téléphonie mobile, en l’occurrence « ZTE » et « Huawei ».
La cour d’appel d’Alger rendra son verdict le 15 octobre prochain, après la demande du parquet général de confirmer la peine prononcée par le pôle judiciaire de Sidi M’hamed (première instance).
Le parquet général a requis une peine de 18 ans de réclusion contre Chani Mejdoub et Boukhari Mohamed, tous deux poursuivis pour corruption et blanchiment d’argent, ainsi qu’une peine de trois ans d’interdiction de soumission aux marchés publics à l’encontre des deux sociétés chinoises « ZTE » et « Huawei », poursuivies en leur qualité de personnes morales.
Lors du procès, les accusés ont rejeté en bloc les faits qui leur sont reprochés, dont le versement de 10 millions de dollars de pots-de-vin par les deux entreprises chinoises pour décrocher des marchés douteux auprès d’Algérie Télécom.
L’accusé principal, Mohamed Boukhari, ex-conseiller du Pdg d’Algérie Télécom a plaidé son innocence et rejeté toutes les griffes retenues contre lui, dont le blanchiment d’argent et la corruption. Sur le sujet, il a affirmé avoir reçu la somme de 10 millions de dollars en contrepartie d’un travail de consulting au profit des deux entreprises chinoises, précisant que ces dernières avaient conclu des marchés en matière télécommunication et d’internet.
En outre, Boukhari a souligné que la somme a été placée dans le compte de l’entreprise de consulting, et non pas dans son compte personnel.
Quant à ses biens, le prévenu a dit avoir fait acquisition de ses biens avec son propre argent qu’il a gagné tout au long de sa carrière professionnelle.
De son côté, l’homme d’affaire algéro-luxembourgeois, Chani Mejdoub, condamné à une peine de 10 ans de prison dans l’affaire Est-Ouest a rejeté lui-aussi les faits qui lui sont reprochés, notamment la corruption, affirmant n’avoir pas eu connaissance du poste qu’occupait Mohamed Boukhari, expliquant qu’il aurait refusé d’ouvrir un compte bancaire au nom de Boukhari et qu’il aurait même alerté les autorités s’il le savait avant, ajoutant que cela constituait un grand risque pour lui.
Par ailleurs, il a tenu à se défendre en faisant savoir devant la justice qu’il est un homme d’affaires réputé, affirmant que toutes les transactions qu’il a conclues sont légales conformément au code luxembourgeois qui ne considère pas, selon lui, comme pot-de-vin l’argent versé au bureau de consulting.
Deux représentants de « ZTE et Huawei » ont tenté de se dédouaner de toute responsabilité affirmant n’avoir pas eu vent des transactions conclues entre 2003 et 2006.
Deux cadres de ces entreprises, en fuite, avaient été condamnés par contumace à une peine de 10 ans de prison ferme.