Ali Fodil, directeur général du journal Echorouk : « Les journalistes ont payé un lourd tribut pour une presse de qualité »
Le directeur général du journal Echorouk, Ali Fodil a plaidé mercredi pour la définition de la notion de délit de diffamation dans le nouveau projet de loi portant sur l’information. A ce propos, il a mis en exergue la nécessité d’associer les journalistes, les hommes de loi pour lever l’ambigüité sur le débat suscité sur ce délit.
Ali Fodil a proposé de juger les journalistes accusé de diffamation conformément à la loi sur l’information, au lieu de les soumettre aux dispositions du droit pénal comme c’est le cas actuellement. Le directeur général du journal Echorouk, qui a pris part à la journée parlementaire sur la pratique de l’information entre l’autorité de la loi et l’auto organisation du métier organisé mercredi par le bloc des indépendants au siège de l’Assembler Populaire Nationale (APN), a rappelé l’initiative et les propositions de certains journalistes durant les années quatre-vingt-dix qui ont insisté sur la nécessité de mettre en place des tribunaux spécialisés pour juger les journalistes. Dans le même contexte, il a signalé que le journaliste est citoyen avant d’être journaliste. Notre interlocuteur ne cache pas sa satisfaction du fait qu’aucune peine d’emprisonnement n’a été prononcée contre des journalistes ces dernières années, accepté des amendes prononcé à leur encontre et que Ali Fodil a qualifié de raisonnables. « Tous ceux qui enfreignent la loi doivent être sanctionnés, même s’il s’agit de journalistes », a-t-il déclaré dans ce sillage. Sur un autre plan, il a loué l’expérience de la presse algérienne qu’il a qualifiée de pionnière, et ce grâce aux grand sacrifices consentis par les journalistes. Pour étayer ces dires, le directeur du plus grand journal au niveau arabe et africain, a fait appel à la langue des « chiffres » pour démontrer le lourd tribut qu’a payé la famille de la presse. En effet, pas moins de 200 journalistes sont tombés durant la décennie noire, plusieurs journaux ont été fermés, en plus de l’emprisonnement d’un grand nombre de journalistes qui luttaient pour la liberté de la presse. Ali Fodil affirme, en outre, que le journaliste est le pilier de l’information et de la presse, d’où la nécessite de s’occuper de sa situation sociale ainsi que de sa formation, afin de le préserver et de le protéger des erreurs. Il a, en revanche, critiqué ceux qu’il a qualifié d’intrus au secteur de l’information qui salissent ce noble métier. Ainsi, il a appelé les journalistes et leurs syndicats à se mobiliser pour défendre le métier contre tout ce qui pourrait lui porter atteinte, d’un coté et qui peut nuire aux personnes qu’elles soient ordinaires ou responsables, d’un autre coté. Abordant la situation de la presse nationale, le directeur général du journal Echorouk a rappelé que la scène de l’information en Algérie compte pas moins de 80 quotidiens nationaux, en plus d’un assez grand nombre de journalistes, dont une grande partie d’entre eux vivent dans des conditions sociales difficile et inquiétante qui nécessite l’intervention des parties concernées pour les améliorer. Dans ce sillage il cite l’exemple de la presse régionale. Dans ce sens, il a parlé de l’expérience du journal Echorouk qui a pris depuis quatre (4) ans plusieurs dispositions pour améliorer les conditions de vie des journalistes.