Alors qu'elle a décidé d'organiser une nouvelle marche le 19 février, la CNCD appelle les partis politiques à dépasser leurs idéologies
La Coordination nationale pour le changement et la démocratie a décidé, dimanche, d’organiser d’autres marches populaires pacifiques à Alger, chaque samedi. Ainsi, elle défie l'interdiction, par les autorités de la wilaya, d’organiser des marches à Alger. La CNCD demande à ce que tout le monde participe à ces manifestations, sans exception.
Les membres de la CNCD, notamment les deux avocats Ali Yahia Abdennour et Mustapha Bouchachi ont reconnu lors de leur réunion d’évaluation de la marche du 12 février, tenue dimanche, qu’il y a eu des carences en matière d’organisation. Ils ont, par ailleurs, admis qu’il n’y avait pas un très grand nombre de participants, tout en affirmant que le nombre des manifestants dépasse de loin le chiffre donné par les autorités. A la fin de la réunion qui a duré jusqu’à 16 h, les membres de la CNCD ont souligné la nécessité d’attirer à la coordination toutes les organisations, associations et toutes les catégories sociales, notamment ceux vivant dans des conditions difficiles. Les membres de la CNCD exigent de ceux qui veulent prendre part aux futures marches et aux activités de cette coordination de mettre de côté toutes les considérations ou appartenances politiques. Ceci est un aveu indirect de l’influence négative de certains partis politiques à la marche du samedi, allusion faite notamment au parti de Saïd Sadi, le RCD. Ce parti serait, selon certains observateurs, la principale cause de l’échec de la marche de samedi 12 février. Les membres de la CNCD exigent, en outre, des participants de ne pas parler au nom de leurs partis ou associations. « La révolution est actuellement dans la rue, alors il ne faut pas l’arrêter », a déclaré maître Ali Yahia Abdennour, doyen des défenseurs des droits de l’Homme dans notre pays. « Laissez la revolution entre les mains des citoyens et n’intervenez pas pour la mener », a-t-il renchéri. Pour rappel, maître Ali Yahia a tenu à prendre part à la marche de samedi malgré son âge avancé (90 ans). Il a été applaudi par les manifestants pour son courage et sa détermination. Lors de son intervention, maître Bouchachi a affirmé que la dernière marche était un grand succès sur les plans politique, médiatique et historique. Et il a ajouté: « Il faut unir nos voix, notre discours doit être pacifique envers les forces de l’ordre pour garantir notre réussite et montrer que nous sommes des pacifistes.» Soulignons, enfin, que nombreux sont ceux qui évoquent des tentatives de manipulation et de récupération, par le parti de Saïd Sadi, des retombées de cette marche..