Ambassadeur d’Irak: «C’est aux autorités algériennes de s’assurer de l’implication d’Algériens dans le groupe Daâch»
Les services secrets algériens sont capables d’enquêter et vérifier l’authenticité des informations inclues dans le rapport établi par les États-Unis, dressant une liste des personnes accusées de soutenir Daâch et l’instauration d’un Etat islamique en Irak, dont huit Algériens, c’est ce qu’a indiqué mercredi Odday Kheirallah, ambassadeur d’Irak à Alger dans une conférence de presse tenue au siège de l’ambassade.
Parmi les Algériens cités dans le rapport établi par les services spéciaux américains, l’on cite Abdelwahab Derbal, ambassadeur d’Algérie en Arabie Saoudite et Lahbib Adami, chef de la délégation de la Ligue arabe à l’Union européenne (UE).
En ce qui concerne la crédibilité de ces données ,l’ambassadeur de l’Irak a dit «qu’elles peuvent être vraies comme elles peuvent être fausses», tout en confirmant que le rapport était élaboré par les services de renseignement américains.
Par ailleurs, le diplomate irakien Odday Kheirallah a nié avoir pris attache avec le ministère des Affaires étrangères algérien au sujet des huit Algériens, dont les noms figurent sur ladite liste.
S’agissant des personnes citées, l’ambassadeur irakien a ajouté que leurs pays d’origine doivent vérifier la véracité des données.
Au sujet des détenus algériens en Irak, le diplomate irakien a démenti les informations faisant état d’évasion de prisonniers algériens de la prison de Moussoul attaquée par les insurgées d’EEIL et procéder à la libération de tous les prisonniers qui y étaient incarcérés. Le conférencier a expliqué que d’après les informations en sa possession, les détenus algériens se trouvaient dans les geôles de Nassiria au sud et à Sousse à la province du Kurdistan d’Irak.
Quant à une éventuelle amnistie à leur profit, il a fait savoir que trois prisonniers devraient être libérés mais le processus a été reporté en raisons des élections tant en Algérie qu’en Irak, ajoutant que l’opération se poursuivra après la nomination du nouveau gouvernement irakien tout en précisant également que l’amnistie concerne les personnes non-impliqués dans des actes terroristes.
Revenant sur les événements qui prévalent dans son pays, Odday Kheirallah a réfuté l’idée d’une « révolte populaire contre Al-Maliki », affirmant qu’il s’agit d’une « prise de contrôle par Daâch suite à la trahison de militaires et de politiques ».
Par ailleurs, il n’a pas manqué d’accuser la main étrangère d’être à l’origine des événements qui bouleversent la Mésopotamie. Quoiqu’il n’ait pas nommé aucun pays impliqué dans ce qu’il appelle une « conspiration », l’ambassadeur irakien a parlé « de parties proches et lointaines ».
De plus, il n’a pas écarté l’hypothèse d’une « conspiration sioniste », en reprochant aussi à l’Algérie le fait de ne pas avoir affiché son attitude vis-à-vis de la situation actuelle dans son pays. A la question « qu’attendez-vous de l’Algérie ? », il a répondu: « Elle doit dénoncer ce qui ce passe en Irak… nous ne voulons pas d’argent ou d’intervention, mais nous voulons plutôt un soutien moral et politique».